
Vendredi 10 juillet 2026

Canlaon (Philippines / Ile de Negros)
Une éruption modérément explosive s’est produite au niveau du cratère sommital du Kanlaon dans la matinée du 9 juillet 2026. L’événement a duré environ trois minutes, générant un panache de cendres qui s’est élevé entre 2000 et 3000 m au-dessus du sommet. Des coulées pyroclastiques, difficilement visibles, ont dévalé les pentes sud-est où elles ont parcouru probablement une distance inférieure à un kilomètre depuis le cratère sommital.
Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Au moins huit vols intérieurs ont été annulés à l’aéroport international de Mactan-Cebu en raison de l’éruption. Les autorités locales ont commencé à distribuer des masques aux habitants pour réduire l’exposition aux cendres volcaniques susceptibles de provoquer des problèmes respiratoires.
Le niveau d’alerte 2 reste en vigueur pour le volcan. L’accès à la zone de danger permanent (PDZ), définie par un rayon de 4 km autour du volcan, demeure interdit.

Sheveluch (Russie / Kamtchatka)
Le 5 juillet 2026 une puissante éruption explosive sur le Sheveluch a propulsé un panache de cendres jusqu’à 12,2 km d’altitude et conduit les autorités à relever au Rouge la couleur de l’alerte aérienne. L’explosion a duré une dizaine de minutes. Aucune nouvelle explosion n’a été observée par la suite et la couleur de l’alerte aérienne a été ramenée à l’Orange. Toutefois, la survenue d’autres épisodes explosifs ne peut être exclue.
Cet événement faisait suite à une hausse d’activité le 3 juillet, date à laquelle la couleur de l’alerte aérienne avait déjà été portée au Rouge avant d’être abaissée à l’Orange.

Kilauea (États-Unis / Hawaii, Big Island)
L’éruption sommitale du Kīlauea est en pause. La nuit, les images des webcams montrent une lueur au niveau des bouches éruptives nord et sud, tandis que l’inflation sommitale se poursuit. D’après les modèles de prévision, l’épisode 51 et ses fontaines de lave pourrait se produire entre les 11 et 15 juillet 2026.

Etna (Italie, Sicile)
Fin juin, l’INGV signalait un début d’activité effusive sur l’Etna dans la partie supérieure de la Valle del Leone (haut de la Valle del Bove) vers 3000 m d’altitude avec une petite coulée de lave faiblement alimentée ainsi qu’une faible activité strombolienne au niveau de la Voragine. L’alerte aérienne VONA était alors à l’Orange. Puis, l’activité strombolienne s’est poursuivie au niveau de la bouche éruptive, tandis que l’activité effusive de la bouche à 3030 m d’altitude s’est progressivement estompée, prenant fin le 4 juillet. Mais, une seconde coulée de lave, de faible ampleur, est sortie dans la nuit du 2 au 3 juillet d’un point situé entre le site strombolien actif et son homologue effusif. La lave a parcouru une centaine de mètres avant de s’arrêter le 3 juillet au matin. L’amplitude moyenne du trémor volcanique restait élevée, avec une tendance à la hausse suivie de fluctuations à partir du 4 juillet. La source du trémor restait dans la zone de la Voragine, vers 3000 m. d’altitude. Aucune déformation significative du volcan n’était enregistrée.
Le 5 juillet vers 7h45 heure locale (5h45 UTC), de volumineux panaches de cendres sont sortis de la bouche située dans la partie supérieure du flanc est de la Voragine. Ses émissions se sont intensifiées vers 8h45, générant un nuage éruptif à environ 1,5 km au-dessus du sommet du volcan et dirigé vers le sud et le sud-sud-est. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée de Orange à Rouge. La SAC (Società Aeroporto di Catania) qui gère l’aéroport a d’abord fermé l’espace aérien au sud en direction du nuage de cendres, avec limitation à cinq vols par heure, puis arrêté tout trafic aérien à l’arrivée et enfin toute activité de l’aéroport de Catane a été interrompue. Les aéroports de Palerme et de Trapani ont accueilli des vols déroutés de Catane avec assistance des passagers et mise en place de services de bus. Le 6 juillet, l’INGV signalait une légère baisse d’activité par rapport à la veille puis une décrue de l’amplitude moyenne du trémor. Les guides de l’Etna indiquaient que la lave de la Voragine se déversait dans le Cratère Nord-Est.
Le 7 juillet, avec la poursuite du déclin du trémor et la diminution des émissions de cendres de l’Etna, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée de Rouge à Orange. À midi, l’aéroport de Catane a rouvert ses portes et le trafic aérien a repris. Le 7 juillet à 23h27 (21h27 UTC), l'INGV signalait que l'activité éruptive au niveau de la Voragine avait cessé. Les caméras de surveillance ne montraient aucun signe d'activité éruptive (incandescence, anomalies thermiques) au niveau des cratères sommitaux. L'amplitude moyenne du trémor volcanique était faible, sa source se situant à l'est de la Voragine, à une altitude comprise entre 2500 et 2800 m au-dessus du niveau de la mer.
Webcam L.A.V.E. ETNA

Piton de la Fournaise (France / Île de la Réunion)
La plateforme littorale qui s’est formée lors de l’éruption du Piton de la Fournaise entre février et avril 2026 subit depuis lors les assauts des vagues et s’érode. Entre les 16 et 24 mars 2026, l’île de La Réunion avait gagné 8,7 ha grâce à l’arrivée de la lave à l’océan.
10 campagnes de cartographie par drones ont été menées en trois mois et demi par l’OVPF, l’Université de La Réunion et la CIREST pour suivre l’érosion de la plateforme. Du 24 mars au 7 avril, elle a perdu 871 m2/jour. Depuis le 7 avril, elle perd 151 m2/jour et son recul est constant. L’OVPF précise que les vagues creusent la base de la pré-falaise, provoquant sa fragilisation, puis des effondrements. Les blocs, réduits en taille, sont emportés par les vagues et accélèrent l’érosion.

Soufrière de la Guadeloupe (France / Arc volcanique des Petites Antilles, Île de la Guadeloupe)
Un demi-siècle après l’éruption de la Soufrière en 1976-1977 qui a profondément marqué l’histoire de la Guadeloupe et de la volcanologie mondiale, l’archipel est devenu, durant une semaine, le centre d’échanges internationaux sur les volcans actifs et la gestion des risques naturels.
Le colloque international "SOUFRIÈRE50", organisé par l’IPGP et l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe (OVSG) s’est déroulé du 6 au 10 juillet 2026 sur le campus de Saint-Claude. L’événement a réuni des chercheurs de neuf nationalités Le but de ce colloque était pour les chercheurs, experts, autorités publiques et acteurs du territoire de partager leurs connaissances afin de tirer les leçons de la crise de 1976 et de renforcer la préparation face aux futurs phénomènes volcaniques.
Carole Berthod, la directrice de l’OVSG, a rappelé l’importance historique de l’éruption de 1976. Il ne faudrait pas oublier que la Soufrière est un volcan actif, en phase de réactivation depuis 1992. La directrice a également déclaré : "L’objectif est de revenir sur tout ce que nous avons appris depuis 1976. Cette éruption a permis de mieux comprendre les volcans du type Soufrière, d’améliorer les réseaux de surveillance et de mieux anticiper les futures éruptions."
Tout au long de l’année 2026, d’autres manifestations seront proposées avec les communes de Saint-Claude, Basse-Terre et Pointe-à-Pitre afin de transmettre la mémoire de l’éruption de 1976 et de rappeler l’importance de la prévention face aux risques volcaniques.
Bulletins Info-LAVE
parus depuis novembre 2022
Sélectionner l'année souhaitée
Info-LAVE année 2026
Sélectionner le mois souhaité
Sélectionner le jour souhaité
pour consulter le bulletin Info-LAVE
Août 2026


