
Vendredi 10 avril 2026

Piton de la Fournaise (France / Île de la Réunion)
— Vendredi 3 avril 2026 —
Après un arrêt de l’éruption du Piton de la Fournaise le 25 mars, puis une reprise le 28 mars 2026, l’éruption débutée le 13 février 2026 s’est à nouveau arrêtée, le 3 avril 2026 à 00h10 heure locale. Cependant, ce même 3 avril, vers 20h40 un trémor de faible amplitude est de nouveau enregistré. D’après les enregistrements de l’OVPF, la source de ce signal est localisée sur le flanc sud-sud-est. Ce signal, encore faible, pourrait traduire une reprise de l’activité éruptive, très probablement au niveau du dernier cône éruptif de l’éruption débutée le 13 février. À l’heure actuelle, il n’y a pas encore d’émission de lave en surface, mais la présence de ce trémor indique néanmoins l’émission de gaz chauds et incandescents en surface, et laisse envisager la possibilité d’une émission de lave à court terme.
— Samedi 4, dimanche 5, lundi 6 et mardi 7 avril 2026 —
Dans les jours qui suivent le 3 avril 2026 vers 20h40, le trémor est toujours enregistré, avec sa source sur le flanc est-sud-est du volcan, dans le même secteur que celui des phases d’activité éruptive du 23 février au 3 avril. Si le trémor montre des fluctuations, son amplitude reste faible et aucune émission de lave en surface n’est visible sur les caméras de l’observatoire.
À partir du 5 avril, un léger panache de gaz est émis au niveau de la fissure éruptive associée à l’activité du 13 février au 3 avril, situé à 2056 m d’altitude sur le flanc est-sud-est du volcan. Les 5 et 6 avril au soir, la présence d’un point incandescent au sommet du cône éruptif a été observée au niveau de la zone de dégazage observé le 4 avril. Ce point ne provient pas de projections de lave. Mais il est certain qu’à l’intérieur du cône, il reste de la matière à très haute température, voire potentiellement en fusion.
Ce trémor indique la présence de magma à faible profondeur et l’émission de gaz. Ainsi, une reprise des émissions de lave n’est pas exclue. À noter que par le passé, des phases de trémor sans émission de lave ont déjà été observées au Piton de la Fournaise, même si cela reste rare. Par ailleurs, depuis l’arrêt de l’activité éruptive en surface le 3 avril à 00h10, la sismicité sous le sommet a diminué, peu ou pas de séismes volcano-tectoniques sont enregistrés.
À compter du 6 avril, une faible inflation de la zone sommitale du volcan est à nouveau enregistrée, traduisant une remise en pression du réservoir magmatique superficiel. De faibles séquences de "gaz piston" sont enregistrées. L'intensité du trémor a fortement diminué le 7 avril, vers 19h. À la suite de cette diminution, un trémor intermittent, ou "gaz piston", a été observé durant plusieurs heures jusqu'à une nouvelle augmentation vers 5h30 le 8 avril au matin.
— Mercredi 8 avril 2026 —
Suite à la reprise du trémor le 3 avril à 20h40, une forte augmentation de son amplitude est observée depuis ce matin 5h30. Cette évolution traduit une intensification de la circulation magmatique et du dégazage à faible profondeur.
À 14h25 (heure de rédaction du communiqué), l’amplitude du trémor a atteint un niveau supérieur à celui observé le 2 avril, avant le précédent arrêt de l’éruption. En parallèle et depuis 13h15, une augmentation significative de l’activité de dégazage est observée au niveau du cône éruptif de l’éruption du 13 février, suggérant l’arrivée du magma en surface. Un survol réalisé par la Gendarmerie en début d’après-midi a permis de confirmer l'arrivée du magma en surface. Les observations montrent la présence d’un petit lac de lave à l’intérieur du cône éruptif formé lors de l’éruption du 13 février 2026, sur le flanc est-sud-est du volcan.
Dans la mesure où cette reprise concerne le même cône éruptif et ne s’accompagne pas de signes en faveur d’une nouvelle injection magmatique, elle est interprétée comme le troisième épisode éruptif de l’éruption débutée le 13 février 2026. Le premier épisode s’est déroulé du 13 février 10h au 25 mars 16h30, le deuxième du 28 mars 15h au 3 avril 00h10, et le troisième a débuté ce 8 avril à 13h15.
— Jeudi 9 avril 2026 —
Suite à la reprise de l’éruption le 8 avril à 13h15, une activité intermittente a été observée au niveau du cône éruptif, en association avec des phases de trémor intermittentes dites en "gaz piston" et correspondant à une activité avec projection et dégazages intenses pendant environ 10 minutes suivies de phases d’accalmie d’une dizaine de minutes.
Depuis 9h15 ce 9 avril, un nouveau point d’émission est observé en amont du cône éruptif. Ce nouveau point d’émission est associé à de petites fontaines de lave et a marqué la fin de l’activité intermittente au niveau du cône éruptif où un lac de lave demeure présent. L’ouverture d’une nouvelle fissure à proximité de l’évent principal a déjà été observée par le passé, notamment lors de l’éruption de février à mars 2019. Un nouveau bras de coulée a atteint les Grandes Pentes au sud des coulées précédentes et son front se situe actuellement à une altitude d’environ 700 m.
Les estimations des débits à partir des données satellitaires indiquent des pics d’activité à 18 m3/s. A noter que ces valeurs peuvent être sous-estimées en raison de biais d’observation, notamment liés aux conditions météorologiques et aux écoulements en tunnels de lave.
— Vendredi 10 avril 2026 —
L’éruption débutée le 13 février 2026 se poursuit. Après deux phases d’arrêt, l’activité éruptive a repris le 8 avril vers 13h15 heure locale, d’abord au sein du cône éruptif formé depuis le 13 février à 2056 m d’altitude sur le flanc sud-sud-est du volcan, et depuis le 9 avril (9h15) au niveau d’un deuxième point d’émission ouvert environ 180 m un peu plus en amont dans une zone déjà fragilisée le 13 février. Aucun nouveau dyke ne s’est formé. Il s’agit toujours de la même éruption, mais avec l’ouverture d’un nouveau point d’émission en surface. Ce nouveau site, plus en amont, est actuellement le plus actif avec une activité de fontaines de lave, dont les retombées sont en train de former un nouveau cône. Ce cône est actuellement égueulé favorise les écoulements de lave. Quant au cône formé le 13 février, l’activité y reste faible, bien qu’un fort dégazage y soit toujours observé. Suite à l’ouverture de ce nouveau point d’émission, l’activité de coulée de lave est pour l’instant située en amont des Grandes Pentes et forme un nouveau champ de lave, à proximité et au sud de celui formé entre le 13 février et le 3 avril.
Les débits de lave en surface estimés grâce aux données satellitaires ont montré sur les dernières 24 heures des valeurs maximales à 35 m3/s lors des premières heures d’activité sur le nouveau point d’émission, puis des valeurs moyennes de 10 m3/s à partir de 18h le 9 avril. L’activité sismique est en très légère hausse mais reste faible avec 5 séismes volcano-tectoniques superficiels enregistrés sur les dernières 24h. Après l’arrêt de l’éruption le 3 avril, une inflation du volcan était enregistrée, mais depuis la reprise de l’activité le 8 avril, cette inflation semble avoir cessé.
Dans son bilan pour le mois de mars 2026, l’OVPF indique que le 3 avril 2026, l’éruption avait émis entre 22 et 28 millions de m3 de lave. En atteignant le littoral, la lave a gagné 8,5 hectares sur l’océan, mais la plate-forme subit les assauts des vagues. Avec 45,7 jours d’activité éruptive au 3 avril, cette éruption a été plus longue que la moyenne.
— Sinon, la préfecture rappelle dans un communiqué les risques liés à cette reprise d’activité il y a quelques jours :
"Le spectacle est impressionnant mais les dangers sont bien réels et toujours présents. Ne pas sous-estimez ces risques.
Risques de chute : les tunnels de lave peuvent s'effondrer sous le poids des personnes présentes sur les coulées.
Risque de brûlure en surface : même si la lave semble refroidie et solide, sa surface reste extrêmement chaude. À seulement, 75 m de la route, des températures allant jusqu'à 80°C ont été mesurées.
Risque extrême sous la surface : des tunnels de lave sont encore actifs et circulent à très haute température. Des mesures atteignant 275°C ont été relevées dans les cavités proches de la surface.
Risque aggravé en cas de pluie : le contact de l'eau de pluie avec la lave peut provoquer de violents dégagements de vapeur, dangereux et imprévisibles.
Ce n’est PAS un terrain de jeu. Chaque pas hors des zones sécurisées peut vous mettre en danger. Profitez du volcan, mais restez strictement sur les zones autorisées et respectez les consignes de sécurité."

Kilauea (États-Unis / Hawaii, Big Island)
L'épisode 44 de l'éruption en cours du Kilauea dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu a débuté à 11h10, heure locale, le jeudi 9 avril 2026, près d'une semaine après le début des coulées précurseures le 3 avril. Environ 75 de ces coulées ont été observées entre le 3 avril et le début des fontaines de lave de l'épisode 44, le 9 avril. Seules 4 de ces coulées provenaient de la bouche nord, toutes le matin du 9 avril. La dernière a débuté à 10h08 et s'est poursuivie sans interruption jusqu'à la transition vers le début de l'épisode 44 à 11h10. Le début de cet épisode a été marqué par une forte augmentation du trémor et de l'inclinaison déflationniste enregistrée par l'inclinomètre sommital. Dans un premier temps, la fontaine de la bouche nord a lentement grandi jusqu'à atteindre environ 100 m de hauteur vers midi, puis un maximum d'environ 240 m vers 12h45. Elle a ensuite progressivement diminué, pour atteindre 150 m de hauteur vers 16h, avant de poursuivre sa diminution jusqu'à la fin de l'épisode à 19h41. Cette unique fontaine de lave a produit une chaleur et des cendres importantes, alimentant un panache qui a atteint une hauteur maximale d'environ 4500 m au-dessus du niveau de la mer vers 13h30. Des vents du sud ont dirigé le panache et les retombées de téphras vers le nord.
Cet épisode a brutalement pris fin le 9 avril 2026 à 19h41, après 8 heures et 31 minutes d'éruption continue provenant de la bouche nord. Bien qu'elle ait produit d'importants débordements précurseurs à partir du 3 avril, la bouche sud n'a pas produit de fontaines de lave durant cet épisode, mais a présenté des jets de gaz et des flammes périodiques. Le débit d'effusion instantané maximal, légèrement supérieur à 390 m3/s, a été atteint vers 12h30 le 9 avril. L'épisode 44 a enregistré un débit d'effusion moyen de 200 m3/s, avec un volume estimé à 5,8 millions de m3 de lave émise, recouvrant environ 50 % du fond du cratère Halemaʻumaʻu. L'inclinomètre sommital a enregistré une inclinaison déflationniste d'environ 17,6 microradians lors de l'épisode 44.
Cette éruption, bien moins importante que les épisodes 41 à 43, a néanmoins produit, en raison de vents constants, une retombée de téphras similaire, mais moins dense, à celle de l'épisode 43. Le panache a déposé des téphras à l'intérieur du parc national des volcans d'Hawaï, près du camp militaire de Kīlauea, et dans le lotissement adjacent du Volcano Golf Course où des fragments de réticulite, pouvant atteindre 30 cm de diamètre, ont été signalés.
À 12h36, le HVO a relevé le niveau d'alerte de l'orange (surveillance) au rouge (alerte) en raison des risques potentiels pour les communautés environnantes et l'aviation. La route 11 traversant Volcano et la partie Kīlauea du parc national des volcans d'Hawaï a été fermée par mesure de précaution. Le Service météorologique national a émis une alerte aux retombées de cendres à 12h40, faisant suite à un précédent avis de retombées de cendres. Des cendres et des cheveux de Pele ont été signalés jusqu'à Kaumana, juste à l'ouest d'Hilo.

Reykjanes (Islande)
Un peu plus de 24 millions de m3 de magma se sont accumulés sous Svartsengi dans la presqu’île de Reykjanes depuis la dernière éruption de juillet 2025. Les calculs de modélisation indiquent que la quantité de magma dans le réservoir magmatique sous Svartsengi n’a jamais été aussi importante depuis le début de la séquence éruptive sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur en novembre 2023.
Tant que l’accumulation de magma se poursuit, une intrusion magmatique et une éruption sur ce site restent le scénario le plus probable. Étant donné que la quantité de magma sous Svartsengi est maintenant plus importante qu’auparavant, il est possible que la prochaine éruption soit plus importante que les précédentes.
Il faut garder à l’esprit qu’une lente accumulation de magma n’est pas le signe qu’une éruption ne se produira pas. L’exemple le plus récent est la séquence éruptive observée sur le Krafla, dans le nord de l'île, de 1975 à 1984. On a dénombré une vingtaine d’intrusions magmatiques qui ont abouti à des éruptions. Le débit effusif, d’environ 0,75 m3/s en moyenne, a considérablement ralenti avant la dernière éruption de cette séquence, en août 1984.

Sorikmarapi (Indonésie / Île de Sumatra)
Une hausse de la sismicité a été observée sur le Sorikmarapi. En mars 2026, le réseau sismique a enregistré 213 séismes volcaniques profonds avec une moyenne de sept événements/jour, et 62 séismes tectoniques locaux avec une moyenne de deux événements/jour. La sismicité a connu une forte augmentation le 2 avril, avec 115 séismes volcaniques profonds et quatre séismes ressentis. Elle est restée élevée le 3 avril. L’augmentation des signaux volcaniques profonds a été interprétée comme le signe d’une remontée de magma. En conséquence, le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et la population a été invitée à se tenir à au moins 1,5 km du cratère principal et éviter de pénétrer dans les autres cratères situés à proximité du Sorikmarapi en raison d’une possible exposition à des gaz toxiques.

Sabancaya (Pérou)
L’activité éruptive du Sabancaya se poursuit. Selon le dernier bulletin de l’IGP, l’activité explosive est toujours présente, avec des émissions de cendres et de gaz s’élevant jusqu’à 2000 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste Orange.

Taal (Philippines / Ile de Luzon)
L’activité éruptive se poursuit sur le Taal. Le réseau sismique enregistre plusieurs séismes volcaniques quotidiens, ainsi que des périodes de trémor volcanique. Les émissions quotidiennes de gaz et de vapeur s’élèvent jusqu’à 600 m au-dessus du cratère. Un événement phréatique mineur s’est produit le 6 avril 2026, d’une durée de deux minutes selon les données sismiques et les images des webcams ; il a généré un panache s’élevant à 200 m au-dessus de la surface du lac. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 858 t/jr. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5). Le PHIVOLCS rappelle au public que Taal Volcano Island est entièrement classée zone de danger permanent (ZDP).

Sheveluch (Russie / Kamtchatka)
L’activité éruptive se poursuit au niveau des dômes de lave actifs situés le long du plancher nord du cratère du Jeune Sheveluch. La croissance du dôme se poursuit sur la partie nord du dôme de lave principal. Une anomalie thermique est identifiée quotidiennement sur les images satellites. Les explosions génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent souvent à 10-11 km d’altitude. Le 2 avril 2026, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, puis est revenue à l’Orange quelques heures plus tard. Le 3 avril, les panaches de cendres s’étiraient sur 890 km vers le nord-est. Des explosions ont produit d’importants panaches de cendres le 5 avril, et la couleur de l’alerte aérienne est de nouveau passée au Rouge. Même situation le 7 avril avec passage de l’alerte au Rouge et retour à l’Orange.
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