
Jeudi 26 mars 2026

Piton de la Fournaise (France / Île de la Réunion)
— Dimanche 22 mars 2026 —
Après plus d’un mois d’activité, l’éruption du Piton de la Fournaise débutée le 13 février 2026 montre toujours une belle énergie. Le 21 mars, l’OVPF enregistrait une forte hausse de la sismicité avec un trémor élevé laissant redouter l’ouverture de nouvelles fissures éruptives ; les débits de lave, en hausse, atteignaient des pics de plus de 30 m3/s. Deux bras de coulée principaux sont présents, le plus au nord étant toujours figé dans le bas des Grandes Pentes.
Au niveau de l’entrée de la lave en mer, la plateforme est alimentée par la coulée principale et un bras secondaire plus au sud. Avançant de plus de 140 m en mer, sa surface est d’environ 3,7 ha et son volume total émergé, estimé à 200 000 m3. Cette plateforme est instable et fragile : des explosions peuvent s’y produire en cas de déstabilisation car la lave (à plus de 1000 °C) passe sous la plateforme et son contact avec l’eau de mer est explosif. De plus, le panache de gaz s’échappant du front de la plateforme est toxique car il est composé de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique et de particules fines.
— Mardi 24 mars 2026 —
L’éruption se poursuit à partir du site éruptif sur le flanc sud-sud-est du volcan, mais l’OVPF fait état d’une nette baisse d’activité dans son bulletin du 24 mars 2026. Le champ de lave présente toujours deux bras principaux se divisant en bras secondaires. Seul le bras principal sud reste actif. C’est lui qui a traversé la RN2 le 13 mars, et a atteint l’océan le 16 mars 2026. La déflation de la zone sommitale semble s’être arrêtée. La sismicité est en nette régression. L’intensité du trémor volcanique, après avoir été relativement stable depuis le 22 mars, montre une baisse significative depuis quelques heures.
Au point de contact entre la lave et l’océan, la plateforme continue de s’élargir. Lors des dernières heures, l’alimentation en lave de la plateforme, après un parcours en tunnels, a faibli. De petits effondrements sont observés en bordure de la plateforme par l’action des vagues.
— Mercredi 25 mars 2026 —
Dans un bulletin de ce jour, l’OVPF annonce que l’éruption du Piton de la Fournaise, débutée le 13 février 2026 à 10h, s’est arrêtée le 25 mars 2026 aux alentours de 16h30 heure locale... ainsi que le laissaient pressentir les événements de ces dernières heures. Le trémor volcanique a présenté deux chutes successives le 25 mars à 09h50 heure locale puis à 13h45, avant de revenir à un niveau proche du bruit de fond sismique vers 15h. Un trémor résiduel a ensuite été observé jusqu’à sa disparition progressive des enregistrements vers 16h30.
Aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir (arrêt définitif, reprise d’activité sur le même site ou sur un autre site). Par le passé, des épisodes d’arrêt brutaux d’éruptions similaires ont étés observés où une reprise brutale de l’activité éruptive est survenue après une phase d’arrêt (comme lors de l’éruption d’août-octobre 2015).
Le dégazage se poursuit au niveau du site éruptif et des écoulements de lave peuvent rester visibles malgré l’arrêt de l’éruption, en raison de la vidange progressive des tunnels de lave. Le panache lié à l’entrée en mer des coulées et les fumeroles sur les coulées peuvent rester actifs plusieurs jours à plusieurs semaines après la fin d’une éruption.
— Jeudi 26 mars 2026 —
L’un des faits marquants de cette éruption qui a pris fin le 25 mars (même si une reprise d’activité ne peut être exclue) a été, à partir du 13 mars 2026, la traversée de la RN2 par la lave entre Sainte-Rose et Saint-Philippe. Aujourd'hui, 350 m de chaussée sont recouverts de lave, celle-ci s'étant étalée sur le bitume même entre deux bras de coulée distincts.
Suite à cet événement, les usagers de cette route que certains empruntaient quotidiennement sont contraints de passer par la route des Plaines ou de faire le tour de l’île par le littoral. En 2007, la dernière fois que cette situation s’est présentée, il a fallu huit mois avant de pouvoir emprunter à nouveau cette route.
Les personnes bloquées par la lave devront s’armer de patience car la RN2 ne sera pas accessible de sitôt. Il faudra attendre 1) d’être sûr que l’éruption est bien terminée, et 2) que la lave est suffisamment refroidie pour entamer des travaux de réfection de la chaussée, et la débarrasser des mètres cubes de matière déversés par le volcan. Même si la lave, noire en surface, semble refroidie, à l’intérieur de la coulée, sa température est de plusieurs centaines de degrés.
Aussi, avant de voir les pelleteuses à l’œuvre, plusieurs semaines, voire plusieurs mois, seront nécessaires pour que la coulée refroidisse complètement et puisse être évacuée. Les agents de la Direction des Routes pourront alors intervenir et casser cette matière extrêmement dure à l’aide d'un brise-roche. Une fois la lave évacuée et la surface de la route aplanie, la réouverture pourra se faire d’abord sur une piste provisoire, qui sera goudronnée dans un second temps.
Si la couche de lave est fine, ces opérations pourraient prendre un ou deux mois après la fin de l’éruption. En revanche, si elle est similaire à celle de 2007, les travaux pourraient durer jusqu’à huit mois. Reste à voir si l’éruption, qui s’est arrêtée mercredi soir, reprendra dans les prochains jours ou en restera là pour cette fois.
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