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/ Activité volcanique
Bulletin info-LAVE de L Association Volcanologique Européenne
Vendredi 20 mars 2026

Piton de la Fournaise (France / Île de la Réunion)

— Lundi 16 mars 2026 —
Sur le Piton de la Fournaise, la lave, après être restée figée le 15 mars à environ 150 m du littoral, a finalement atteint l’océan ce 16 mars 2026 vers 00h20. Cela faisait 19 ans que cela ne s’était pas produit, les fois précédentes datant de 1977, 2004 et 2007. Dans son bulletin du 16 mars 2026, l’OVPF indique que le champ de lave émis depuis le site éruptif présente deux bras principaux. Le front du bras nord reste figé à environ 2,6 km de la RN2, à une altitude d’environ 660 m. Le bras sud s’est divisé en plusieurs bras secondaires, qui poursuivent leur progression, à des vitesses variables liées à la topographie et à la végétation rencontrées. En amont de la route, plusieurs résurgences et des nouveaux bras secondaires de coulées sont observés côté sud. En soirée, le bras le plus proche se situait à environ 2,1 km de la RN2.
— Mardi 17 mars 2026 —
L’entrée de lave dans le secteur du Grand Brûlé est assez réduite et ne présente pas de risques élevés... mais cela pourrait changer si le débit effusif augmentait. Les médias locaux signalent que le 16 mars 2026 le système de surveillance de qualité de l’air a détecté dans la zone de Bourg Murat un dépassement temporaire du seuil d’alerte sanitaire pour le SO2 dont les concentrations ont dépassé le niveau d’alerte de 500 µg/m3 par heure pendant trois heures consécutives, avec une moyenne horaire de 593 µg/m3 et un pic à 673 µg/m3 avant de revenir à des niveaux inférieurs. Lors d’une éruption, la qualité de l’air autour d’un volcan peut évoluer en fonction de son activité et des conditions météorologiques. Des concentrations élevées de gaz volcaniques sont alors susceptibles d’affecter les personnes souffrant de problèmes respiratoires. Il est conseillé aux personnes concernées de limiter leurs activités physiques intenses en extérieur.
— Vendredi 20 mars 2026 —
Dans son bulletin du jour, l’OVPF rappelle que l’éruption débutée le 13 février 2026 se poursuit. Un site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan à 2056 m d’altitude avec un cône formé par accumulation des projections. L’activité en fontaine de lave a repris sur le site éruptif avec des projections à une dizaine de mètres de hauteur au-dessus du cône, visibles depuis le Piton de Bert.
Le champ de lave émis depuis le site éruptif dessine deux bras principaux. Depuis le 18 mars, le bras nord est à nouveau alimenté par une coulée qui se trouvait ce matin à 9h10, heure locale, en bas des Grandes Pentes à 690 m d’altitude. Le bras sud après s’être divisé en plusieurs bras secondaires, a traversé la route nationale 2 (RN2) le 13 mars et atteint l’océan le 16 mars vers 00h20. En amont de la route, plusieurs résurgences et bras secondaires de coulées sont visibles dont un au sud du bras principal qui continue sa progression vers la RN2. Plusieurs bras secondaires se sont aussi formés en aval de la RN2 avant l’arrivée de la coulée à l’océan. Un de ces bras secondaires a atteint la mer entre le 18 soir et le 20 mars 2026 au niveau du bord sud de la plateforme de la coulée principale.
Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue à se former et s’élargir, résultant de l’accumulation de coulées de lave et de particules fines issues de la fragmentation de la lave. Les observations OVPF faites le 19 mars indiquent que la plateforme a progressé d’environ 129 m sur l’océan sur une largeur d’environ 665 m le long de la cote préexistante. Cette plateforme s’élève à une hauteur maximum d’environ 6 m au-dessus de l’océan et représentait un volume émergé d’un peu moins de 200 000 m3 de lave le 19 mars (estimations encore à confirmer).
Au niveau de l’entrée de la lave dans l’océan, un panache, principalement constitué de vapeur d’eau, acide chlorhydrique (HCl) et particules fines, est présent. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium, un aérosol acide constitué de fines gouttelettes en suspension se forme. Ce panache contient aussi des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique pouvant être transportés sur des centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents et peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux.
Par ailleurs, le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées avec projections de matériaux en fusion et jets de vapeur à haute température. Des explosions pourraient aussi se produire en cas de déstabilisation de la plateforme composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux et qui reste instable et fragile. Enfin, des circulations de lave en tunnel se sont développées au niveau de la plateforme. A la surface des zones durcies, la température reste supérieure à 100°C. Un survol par drone effectué le 20 mars vers 10h montre des remontées d’eau chaude au large de la plateforme qui suggèrent la formation de coulées sous-marines en pillow-lava.
La hausse de l’activité sismique est désormais bien marquée, avec plus de 130 séismes volcano-tectoniques détectés le19 mars. Ces séismes localisés au-dessus du réservoir superficiel sont de très faible magnitude. La déflation de la zone sommitale est maintenant bien marquée et suggère une dépressurisation du réservoir magmatique superficiel.
Depuis le 14 mars, une augmentation significative du trémor éruptif est observée, accompagnée de phases intermittentes de type « gaz piston ». Ces signaux traduisent un dégazage pulsé dans le conduit, lié à la remontée de poches de gaz via le magma toutes les 5 à 10 minutes. En surface, ce dégazage intermittent se traduit par une alternance d’activité en fontaines de lave suivie de phases plus calmes sans projections visibles.
L’intensification du trémor est corrélée à une hausse des flux de SO2 mesurés par satellite et le réseau NOVAC de l’OVPF au sol depuis le 15 mars, suggérant une augmentation de l’activité de dégazage. Depuis le 18 mars, une augmentation des débits estimés par données satellitaires est aussi observée avec des valeurs maximales de 22 m3/s atteintes le 20 mars. Ces valeurs peuvent être sous-estimées en raison notamment des conditions météorologiques, des écoulements en tunnels de lave, ou de l’entrée de la coulée en mer, qui limitent la détection du rayonnement thermique.
Depuis les 14–15 mars, une augmentation progressive de l’activité éruptive, marquée par une hausse du trémor et des flux éruptifs (SO2 et débit de lave), suggèrent une intensification de l’alimentation du système en surface. De plus, les données GNSS indiquent une déflation sommitale traduisant le début d’une dépressurisation du réservoir magmatique superficiel.
Depuis le 18 mars, cette évolution s’accompagne d’une reprise de la sismicité sommitale, avec jusqu’à plusieurs dizaines de séismes par heure sur les dernières 24 heures. Cette sismicité est actuellement interprétée comme un réajustement du champ de contraintes en réponse à la dépressurisation du réservoir. Dans l’ensemble, ces observations pourraient être cohérentes avec une phase initiale de dépressurisation du système superficiel, accompagnée d’une réponse mécanique de l’édifice et d’une augmentation de l’activité éruptive en surface, bien que certains signaux restent à consolider.
Dans ce contexte, l’ouverture de nouvelles fissures éruptives n’est pas exclue.

Source : OVPF, Réunion la 1ère, médias locaux

Atka (Etats-Unis / Alaska, Iles Aléoutiennes)

Une hausse significative de la sismicité a été détectée au niveau du complexe volcanique de l’Atka entre les 14 et 15 mars 2026. De petits séismes et des épisodes de trémor mineurs ont été observés, ainsi que des niveaux élevés de SO2 sur les images satellitaires. Cette activité accroît la probabilité d’éruptions explosives sur le Korovin, l’un des volcans de ce complexe volcanique. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée).

Source : AVO

Kilauea (États-Unis / Hawaii, Big Island)

L’inflation et le trémor ont repris après la fin de l’épisode 43 du Kilauea. Les modélisations indiquent que les fontaines de lave de l’épisode 44 pourraient apparaître entre le 30 mars et le 8 avril 2026.
À noter que le Parc national des volcans d’Hawaï est resté fermé plusieurs jours suite aux dégâts causés par les intempéries ayant frappé la Grande Île. Les routes et sentiers ont été endommagés par des chutes d’arbres et de branches. Le personnel du parc continue d’évaluer les dégâts et s’efforce de dégager les voies de circulation. Une partie du Parc a été rouverte le 18 mars.

Source : HVO, National Park Service

Sheveluch (Russie / Kamtchatka)

L’activité explosive se poursuit sur le Sheveluch. Une explosion a produit un panache de cendres qui s’est élevé à environ 10,4 km d’altitude le 16 mars 2026. La couleur de l’alerte aérienne pour le Sheveluch reste Orange.

Source : KVERT

Reykjanes (Islande)

Depuis l’éruption de juillet 2025 dans la presqu’île de Reykjanes, plus de 23 millions de m3 de magma se sont accumulés sous le système volcanique de Svartsengi. Les données publiées le 17 mars 2026 par le Met Office montrent qu’il s’agit de la plus importante accumulation de magma entre deux éruptions depuis le début de l’activité sur la chaîne de cratères de Sundhnúksgígar en décembre 2023.
D’après les mesures de déformation, l’afflux de magma sous Svartsengi s’est poursuivi ces derniers mois à environ 4 km de profondeur sous la surface à un rythme lent mais régulier. Le soulèvement du sol à Svartsengi depuis le début de l’activité volcanique fin 2023 dépasse désormais environ un mètre. La phase actuelle de recharge en magma depuis la fin de la dernière éruption en juillet dernier constitue la période d’accumulation continue la plus longue enregistrée au cours de cette séquence éruptive. Selon le Met Office, si le magma continue de s’accumuler, le scénario le plus probable reste une intrusion magmatique entre Svartsengi et la chaîne de cratères de Sundhnúksgígar, avec au final une possible éruption fissurale. L’emplacement le plus probable d’une future fissure se situe entre Stóra-Skógfell et Sýlingarfell, où plusieurs éruptions ont eu lieu depuis décembre 2023. Cependant, la zone d’ouverture potentielle des fissures pourrait s’étendre sur une plus grande superficie, de Grindavík au sud jusqu’ au nord-ouest de Keilir.
Les scientifiques soulignent que la longue pause observée depuis la dernière éruption ne signifie pas que la séquence éruptive sur la chaîne de cratères de Sundhnúksgígar est terminée.

Source : Met Office islandais

Aoba (République de Vanuatu / Ile d'Ambae)

L’éruption se poursuit à Ambae (aussi connue sous le nom d’Aoba). Selon le VAAC de Wellington, des panaches quotidiens de gaz, de vapeur et de cendres s’élèvent jusqu’à 2,5 km au-dessus du sommet. Un fort signal de SO2 a été identifié sur les images satellites. La sismicité demeure élevée.
Le ministère de la Santé a déclaré qu’au 12 mars 2026, aucun décès, aucune blessure n’ont été signalés suite à cette activité, bien que d’importantes retombées de cendres continuent d’affecter les zones principalement au sud et à l’ouest du centre éruptif. Ces retombées ont localement endommagé des jardins et contaminé les sources d’eau. On observe une augmentation des maladies liées à l’exposition aux cendres et aux gaz, ainsi qu’à la contamination de l’eau. 52 personnes sont volontairement parties vers d’autres régions. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

Source : Département de météorologie et des risques géologiques du Vanuatu (VMGD)

Fuego (Guatemala)

Du 11 au 18 mars 2026, l’activité éruptive s’est poursuivie sur le Fuego. Des explosions stromboliennes quotidiennes enregistrées par le réseau sismique à un rythme de 6 à 13 par heure ont généré des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 1,2 km au-dessus du sommet et se propageant jusqu’à 30 km dans plusieurs directions. Des grondements parfois forts et des ondes de choc ont été signalés par la population dans les environs. Les explosions ont occasionnellement projeté des matériaux incandescents jusqu’à 300 m au-dessus du sommet et parfois provoqué des avalanches incandescentes sur les flancs du volcan. Des retombées de cendres ont été signalées dans les zones sous le vent.

Source : INSIVUMEH

Canlaon (Philippines / Ile de Negros)

L’activité éruptive s’est poursuivie du 11 au 18 mars 2026 sur le Kanlaon, avec des séismes volcaniques quotidiens et deux épisodes de trémor enregistrés le 15 mars 2026. Les émissions quotidiennes de SO2 ont varié de 434 à 2021 tonnes.
Le 15 mars à 18h07 une éruption d’une minute, d’intensité modérée et explosive, a généré un panache de cendres qui s’est élevé à 5 km au-dessus du sommet. De gros blocs incandescents ont été projetés jusqu’à 1 km du cratère. La station de surveillance la plus proche du cratère a été endommagée par les flammes. Des coulées pyroclastiques ont dévalé la partie supérieure du flanc sud jusqu’à 1 km de distance. Une onde de choc a produit un grondement sourd, audible jusqu’à 18 km. Des retombées de cendres d’intensité variable ont été signalées dans 55 districts (barangays) répartis dans 12 localités de la région centrale de l’île de Negros.
Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5).

Source : PHIVOLCS

Mayon (Philippines / Ile de Luzon)

L’éruption du Mayon se poursuit, avec des coulées de lave et des effondrements au niveau du dôme sommital, des coulées pyroclastiques, des éboulements incandescents, des panaches de cendres, des coulées de lave actives et parfois une activité strombolienne mineure. Les émissions de cendres et de gaz s’élèvent jusqu’à 800 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5).
Le 17 mars, 4020 personnes étaient hébergées dans 12 centres d’évacuation, et 86 autres étaient accueillies chez des amis ou des proches.

Source : PHIVOLCS

Ces informations ne sont pas exhaustives
Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la

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