
Vendredi 6 mars 2026

Piton de la Fournaise (France / Île de la Réunion)
– Dimanche 1er mars 2026 –
D’après l’OVPF, l’éruption du Piton de la Fournaise, débutée le 13 février 2026, se poursuit. Un seul site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan avec des fontaines toujours visibles depuis le Piton de Bert. Le cône qui était en cours d’édification par accumulation progressive des projections de lave s’est fermé latéralement. Avec cette fermeture, une importante activité en tunnel de lave est désormais établie en aval du cône. Les résurgences de coulée et les parties actives aériennes de la coulée se concentrent en aval du site éruptif et en amont du cassé des Grandes Pentes où le champ de lave s’élargit et s’épaissit. Le front de la coulée de lave reste figé dans la partie basse des Grandes Pentes à environ 2,6 km de la route nationale 2 et à une altitude de 660 m.
Comme lors des jours précédents, l’activité sismique reste faible. La reprise de l’inflation de l’édifice volcanique observable sur les stations GNSS sommitales et à la base du cône, semble se confirmer et indiquer une remise en pression du système d’alimentation magmatique, vraisemblablement liée à une recharge en magma du réservoir superficiel. Le trémor éruptif (indicateur d’émission de lave et de gaz en surface) reste relativement stable et de faible amplitude, avec une légère augmentation sur les dernières 24h. La probabilité d’ouverture de nouvelles fissures éruptives reste faible à court terme. Mais, les premiers signes d’une possible re-pressurisation pourraient augmenter cette probabilité.
Les débits de lave en surface estimés à partir des données satellites ont indiqué, lors des dernières 24h, des valeurs comprises entre 1 et 10 m3/sec, des estimations qui peuvent varier en fonction de la couverture nuageuse.
Pour rappel, par lors d’éruptions passées, des fissures éruptives se sont ouvertes sans signaux avant-coureurs, comme par exemple en août 1998, juillet 1999, octobre 1999, décembre 2006 et mars 2019. En effet, la propagation du magma à faible profondeur peut se produire de manière asismique notamment lorsque le magma est déjà dégazé.
Le niveau d’Alerte 2.1 correspondant à une éruption confinée à l’Enclos est maintenu. L’accès à l’Enclos reste interdit.
– Mercredi 4 mars 2026 –
Le 4 mars, l’OVPF signale que depuis la veille un nouveau bras de coulée (un peu plus au sud que la branche de coulée figée dans les Grandes Pentes) a franchi le cassé des Grandes Pentes et était visible dans la partie haute des Grandes Pentes, un bras de coulée qui, ce matin, était beaucoup moins actif.
Les débits en surface, estimés à partir des données satellites ont indiqué, lors des dernières 24h, des valeurs comprises entre 1 et 12 m3/sec. Depuis le début de l’éruption, environ 10 millions de m3 de lave ont été émis en surface.
– Vendredi 6 mars 2026
L’éruption se poursuit avec un seul site éruptif actif sur le flanc sud-sud-est du volcan, visible depuis le Piton de Bert. Peu de projections dépassent désormais la hauteur du cône éruptif maintenant bien formé.
Avec la fermeture latérale du cône, une activité importante en tunnel de lave est désormais établie. Depuis le 3 mars, les coulées sont de nouveau visibles dans la partie haute des Grandes Pentes, des coulées qui se développent à la fois en gratons (aa) et en lave cordée (pāhoehoe) à la sortie des tunnels actifs. Dans les Grandes Pentes, le front de la coulée la plus en aval reste figé à environ 2,6 km de la route nationale 2 et à une altitude de 660 m.
L’activité sismique reste faible et la reprise d’inflation de l’édifice est désormais bien établie.

Aoba (République de Vanuatu / Ile d'Ambae)
L’éruption de l’Aoba (aussi connu sous le nom d’Ambae) continue. Selon le VAAC de Wellington, les panaches de cendres peuvent s’élever à plus de 4000 m au-dessus du niveau de la mer.
L’activité du volcan a commencé à s’intensifier fin novembre 2025 avec hausse de la sismicité, émissions de gaz et retombées de cendres intermittentes jusqu’en décembre, tandis que le niveau d’alerte restait à 2. Les 12-13 février 2026, l’activité s’est encore intensifiée, avec une forte incandescence du cratère, une hausse des émissions de SO2 et des retombées de cendres dans les secteurs sous le vent ; la zone à risque s’étendant alors sur 2 km autour des bouches éruptives actives.
Le 25 février, le VMGD (Département de météorologie et des risques géologiques du Vanuatu) a relevé le niveau d’alerte à 3, ce qui correspond à une éruption mineure. La zone à risque a été étendue à 3 km autour de la bouche active dans le lac Voui. Les autorités ont averti que les fortes pluies pouvaient remobiliser les cendres accumulées dans les cours d’eau et les ravines et augmenter le risque de lahars. L’accès à la zone à risque de 3 km reste interdit.
Source : Département de météorologie et des risques géologiques du Vanuatu (VMGD)![]()

Kilauea (États-Unis / Hawaii, Big Island)
Depuis la fin de l’épisode 42, le 15 février 2026, aucune activité significative n’a été observée sur le Kilauea. Cependant, une incandescence est visible, mais irrégulière, au niveau des deux bouches éruptives à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u. Les modèles préliminaires montrent que le déclenchement des fontaines de lave de l’épisode 43 pourrait se produire entre les 10 et 16 mars 2026.
L’accès à la caldeira du Kilauea est interdit. Un Hawaïen de 33 ans est mort après s’être introduit le 26 février dans le secteur est de la caldeira. Le 27 au matin, à l’issue d’opérations de recherche menées toute la nuit en terrain escarpé et dangereux, les secouristes ont localisé la victime qui a été héliportée vers un hôpital de Hilo, où son décès a été constaté.
Dans un communiqué, le National Park Service a rappelé que la caldeira du Kilauea est un environnement dangereux, notamment avec des falaises instables et des structures volcaniques piégeuses, même en période d’absence d’activité. Il est fortement conseillé aux visiteurs de rester dans les zones autorisées et de respecter la signalisation.

Merapi (Indonésie / Île de Java)
L’éruption du Merapi se poursuit. Le dôme de lave sud-ouest continue de produire quotidiennement des avalanches de lave qui dévalent les flancs du volcan. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à une distance de 3 à 7 km du sommet, selon les endroits.
Comme cela se produit fréquemment en Indonésie, de fortes pluies ont déclenché le 3 mars 2026 un lahar dévastateur qui a déferlé le long de la ravine de la Kali Senowo, emportant au moins trois camions d’extraction de sable et une voiture. Cette coulée de boue s’est produite après plusieurs heures de fortes pluies qui ont remobilisé des dépôts de cendres et autres matériaux qui s’étaient accumulés après des semaines d’effondrement du dôme et d’activité volcanique. Aucun blessé n’a été signalé, mais les dégâts matériels sont considérables.

Bulusan (Philippines / Île de Luzon)
Une hausse de l’activité sismique a été enregistrée ces derniers jours sur le Bulusan. Seize événements étaient d’origine volcano-tectonique, à des profondeurs de 3 à 6 km sous les flancs nord et sud-est du volcan. Le niveau d’alerte reste à 0. Cependant, le PHIVOLCS précise que la récente hausse de la sismicité pourrait être causée par l’activation de processus hydrothermaux sous le volcan, ce qui est susceptible de provoquer une éruption phréatique soudaine.

Canlaon (Philippines / Ile de Negros)
L’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon. Une éruption explosive de deux minutes a généré le 26 février 2026 un épais panache de cendres qui s’est élevé à 2,5 km au-dessus du sommet. Des éclairs ont été observés au moins trois fois dans ce panache. Des projections incandescentes ont été éjectées jusqu’à 1,5 km au-dessus du cratère sommital et ont atterri jusqu’à 1 km au sud et 1,5 km au sud-est. Ces éjectas incandescents ont déclenché deux incendies en bordure de forêt, sur les flancs sud et sud-est. Des coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs est et sud-est jusqu’à 2 km de distance. Des retombées de cendres ont été signalées dans 16 villes. Des séismes volcaniques et des épisodes de trémor ont été enregistrés les jours suivants. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est prié de rester en dehors de la zone de danger permanent (ZDP) de 4 km de rayon.

Etna (Italie, Sicile)
Une explosion soudaine s’est produite dans la Bocca Nuova sur l’Etna, le 4 mars 2026, provoquant une brève émission de cendres visibles sur les caméras de surveillance de l’INGV. Cette éruption a suivi un essaim sismique sur le flanc sud-ouest du volcan quelques heures auparavant, avec un événement de magnitude M4,5. Le panache de cendres s’est dissipé en quelques minutes. Aucune colonne ni émission de cendres prolongée n’a été observée.
Webcam L.A.V.E. ETNA

Sabancaya (Pérou)
Une explosion avec émission d’un panache de cendres a été observée le 4 mars 2026 sur le Sabancaya. Le panache est monté jusqu’à plus de 2000 m de hauteur avant de s’étirer sur une dizaine de kilomètres. Le niveau d’alerte reste à l’Orange (niveau 3 sur une échelle de 4 couleurs) et il est demandé au public de respecter une zone de 12 km de rayon par rapport au sommet du volcan.

Reykjanes (Islande)
Les scientifiques du Met Office s’attendent toujours à une éruption le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, sur la péninsule de Reykjanes. Avec environ 22,5 millions de m3 de magma accumulé sous Svartsengi, le volume a atteint un niveau proche du record absolu enregistré entre deux éruptions depuis le début de la séquence éruptive actuelle, fin 2023. Le magma s’accumule depuis environ 210 jours. Malgré cette pause prolongée, les autorités précisent qu’une accalmie ne signifie pas nécessairement la fin de l’épisode volcanique.
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