
Samedi 14 février 2026

Mayon (Philippines / Ile de Luzon)
Une série de coulées pyroclastiques a dévalé la ravine Mi-isi sur les flancs du Mayon le 9 février 2026. La longueur de la coulée la plus longue était de 4 km depuis le cratère sommital. L’activité a culminé pendant un événement de 7 min qui a généré des nuages de cendres dépassant 2 km de hauteur, avec des retombées dans plusieurs secteurs. Ces coulées pyroclastiques ont été provoquées par l’effondrement d’accumulations de lave près du cratère sommital et sur les fronts de lave actifs. Elles se sont déroulées en deux phases. Au moins 12 coulées ininterrompues ont été enregistrées lors de la seconde phase qui a duré 7 min, d’après les données sismiques.
Malgré la forte hausse d’activité du 9 février, cet épisode de coulées pyroclastiques n’est en réalité qu’une brève intensification de l’activité éruptive qui reste quasiment stable depuis le début de l’éruption le 6 janvier 2026.

Lascar (Chili)
Une activité éruptive a été observée sur le Láscar le 8 février 2026. Le réseau sismique a enregistré une hausse de l’activité volcano-tectonique, associée à la fracturation de roches. Un signal de trémor, lié à des mouvements de fluides, a été enregistré, ainsi qu’un panache de gaz et de cendres s’élevant à 1,1 km au-dessus du cratère. Malgré cette hausse d’activité, le niveau d’alerte demeure au Vert (niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).
El Chichón (Mexique)
Une activité hydrothermale persiste depuis la mi-2025 sur El Chichón, ce volcan situé au nord du Chiapas. Cette activité se caractérise par une forte sismicité, des modifications physico-chimiques du lac de cratère et une augmentation des émissions de gaz. Cependant, aucune remontée de magma n’a été observée et les conditions actuelles ne laissent pas présager d’éruption imminente. Aujourd’hui, l’activité diffère fondamentalement de la séquence éruptive de 1982 : aucune déformation, sismicité profonde, signature de gaz magmatique, caractéristiques d’une remontée de magma, n’ont été constatées. Les risques actuels se limitent à des phénomènes localisés, tels que l’exposition à des gaz toxiques et le risque d’explosions phréatiques à proximité du cratère.
Le niveau d’alerte d’El Chichón demeure Jaune (phase 1-2), indiquant une activité élevée mais non éruptive.

Stromboli (Italie / Iles Éoliennes, Ile de Stromboli)
Le Stromboli montre son activité strombolienne habituelle avec d'une dizaine à une vingtaine d’explosions par heure, d’intensité moyenne à faible au niveau des bouches éruptives des zones Nord et Centre-Sud.
Sheveluch (Russie / Kamtchatka)
La croissance du dôme de lave se poursuit sur le Sheveluch. Ce processus s’accompagne d’importantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires montrent une anomalie thermique sur le volcan.
Le 5 février 2026, des explosions ont généré des panaches de cendres qui sont montés jusqu’à 9,8 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. Quelques heures plus tard, de nouvelles explosions ont généré un panache de cendres atteignant 9 km d’altitude. Quelques heures plus tard encore, le KVERT a abaissé la couleur de l’alerte aérienne à l’Orange en constatant l’absence de nouvelles émissions de cendres. Pourtant, de nouvelles explosions, avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 10 km, ont entraîné un nouveau passage de l’alerte aérienne au Rouge, puis à l’Orange. D’autres explosions se sont produites les jours suivants, avec des alternances entre le Rouge et l’Orange... qui est la couleur du niveau d’alerte aérienne au moment de l’écriture de cette note (15/2/2026).
Kracheninnikov (Russie, Péninsule du Kamtchatka)
L’éruption effusive du Krasheninnikov se poursuit. Des coulées de lave avancent le long du versant est du cône nord du volcan, et une émission de gaz et de vapeur est également observée à ce niveau. Les données satellitaires révèlent une importante anomalie thermique sur le volcan. La couleur de l’alerte aérienne est Jaune pour le Krasheninnikov.

Bezymianny (Russie, Péninsule du Kamtchatka)
Une activité effusive se poursuit sur le Bezymianny et s’accompagne d’importantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires révèlent une anomalie thermique sur le volcan. La couleur de l’alerte aérienne est Jaune pour le Bezymianny.
Île Heard (Australie, Territoire extérieur, Iles Heard-et-MacDonald)
Les observations satellitaires montrent que le volcan Big Ben sur l’île Heard (plateau des Kerguelen, océan Indien sud) reste actif, avec des coulées de lave encore détectées jusque fin janvier et en février 2026. Le VAAC de Darwin a signalé que le panache de cendres issu d’une brève éruption a atteint 7,3 km d’altitude le 11 février 2026 avant de se dissiper le 12 février. L’imagerie satellite montre des anomalies thermiques persistantes et des coulées de lave sur plusieurs flancs. Cela confirme que le volcan demeure en phase effusive active.
L’éruption du 11 février s’est produite durant une période d’activité thermique persistante. Des anomalies de température ont été révélées au sommet et le long des flancs ouest et sud-ouest et semblent correspondre à des coulées de lave actives. D’autres anomalies, apparues sur le flanc nord-est en février, ont été suivies de zones de refroidissement plus sombres, compatibles avec des dépôts de lave récents.
L'activité éruptive de Big Ben est récurrente et se caractérise par des coulées de lave effusives et des émissions de cendres intermittentes à quelques années d’intervalle. Sa phase éruptive actuelle (VEI 0) a débuté en septembre 2012 après quatre années de calme.

Merapi (Indonésie / Île de Java)
L’éruption du Merapi se poursuit. Le dôme de lave sud-ouest produit des coulées pyroclastiques ou des avalanches de lave qui dévalent les pentes du volcan jusqu’à 1,8 km de distance. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à une distance minimale de 3 à 7 km du sommet, selon les endroits.

Semeru (Indonésie / Île de Java)
L’activité éruptive se poursuit sur le Semeru, avec des éruptions quotidiennes enregistrées par le réseau sismique. Des panaches de gaz et de cendres s’élèvent entre 300 et 1000 m au-dessus du sommet, notamment le 5 février. Des incandescences au sommet et sur le flanc sud-est sont parfois visibles sur les images des webcams. Le niveau d'alerte est resté à 3 (2ème niveau le plus bas sur une échelle de 1 à 4) et le public a été averti de rester à au moins 5 km du sommet et d’éviter toutes les ravines.
Un bulletin du 14 février indique que des coulées pyroclastiques atteignant 6 km de distance ont dévalé le flanc sud-est du volcan les 13 et 14 février 2026, et que les panaches de cendres montaient jusqu’à 2000 m au-dessus du cratère.

Piton de la Fournaise (France / Île de la Réunion)
— Vendredi 13 février 2026 – 10 heures heure locale (7 heures heure métropole) —
Ce n’est pas vraiment une surprise car la sismicité persistait depuis l’éruption de janvier 2026, le Piton de la Fournaise est de nouveau entré en éruption ce vendredi 13 février 2026 au matin, comme en attestent les images des webcams de l’OVPF. Des coulées de lave et des panaches de fumée étaient bien visibles depuis la caméra du Piton de Bert. L’observatoire précise : « suite à la crise sismique débutée à 09h25 heure locale le 13 février 2026, le trémor volcanique, synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface, est enregistré depuis 10h environ. »
Selon l’Observatoire, « au moins deux fissures éruptives » se sont ouvertes sur la partie plutôt haute du sommet du volcan. Au début de l’éruption, le débit était d’environ 60 m3/seconde, selon les données satellitaires,
Selon la préfecture de La Réunion, l’éruption se déroule au sud du cratère Dolomieu. L’accès à l’Enclos est bien sûr interdit. Le préfet de La Réunion a déclenché l’alerte 2.1 ORSEC volcan.
Suite à l’éruption du 18-20 janvier 2026, l’activité sismique sous le volcan et l’inflation de l’édifice se poursuivaient et indiquaient une mise en pression du système d’alimentation magmatique superficiel. Une injection de magma vers la surface a donc eu lieu et a abouti au déclenchement de l’éruption actuelle.
L’éruption a surpris l’observatoire et des randonneurs. Selon Réunion la 1ère, à 10h, lorsque le Piton de la Fournaise est entré en éruption, plusieurs randonneurs se trouvaient au sommet du volcan et ont dû être évacués par hélicoptère. Un couple a ressenti les signes avant-coureurs de l’éruption, mais n’a pas su les interpréter. Une détonation a accompagné les premières fontaines de lave.
— 13 février 2026 – 16 heures (heure locale) —
D’après l’OVPF, ce sont 4 fissures qui se sont ouvertes sous le sommet du volcan. Depuis 15h (heure locale), l’activité éruptive est principalement concentrée sur la fissure 4, avec encore des émissions de lave au niveau de la fissure 1. Les fissures 2 et 3 sont désormais inactives. A 13h (heure locale), le front de coulée se situait à environ 1500 m d’altitude.
— 13 février 2026 20 heures, heure locale —
Les images de la webcam du Piton de Bert montre que l’éruption continue et que la fissure 4 est encore bien active.
Plusieurs photos et vidéos de l’éruption sont visibles sur le site web de Réunion la 1ère.
— D’un point de vue pratique —
L’éruption n’est pas visible depuis le pas de Bellecombe où l’accès à l’Enclos est formellement interdit. Elle est visible depuis le Piton de Bert et nécessite environ une heure de marche aller et autant pour le retour.
Afin de permettre un accès du public à la zone dans les meilleures conditions de sécurité, et éviter la situation chaotique du mois de janvier, le préfet a décidé de la mise en place d’un dispositif de gestion de la circulation et du stationnement encadré, par la gendarmerie nationale en lien avec la commune du Tampon. À ce titre, le stationnement sur la route forestière n°5 du Volcan sera toléré sur un seul côté sous le contrôle des forces de l’ordre, afin de permettre le maintien d’un axe d’évacuation des véhicules et le passage des véhicules de secours.
Le préfet appelle les visiteurs à respecter la signalisation, les consignes des forces de l’ordre et à ne pas stationner en dehors des zones tolérées.
—Samedi 14 février 2026 à 6h30 (heure locale) —
L’OVPF indique que l’éruption se poursuit. Il ne reste plus qu’une seule fissure active, celle située près du Piton Morgabim sur le flanc sud-sud-est du volcan. Le 13 février en fin d’après-midi, les coulées de lave ont atteint les Grandes Pentes. Le front de coulée se propage très lentement, avec une avancée d’environ 300 m entre 22h et 6h (heure locale). Il se situait à environ 3 km de la RN2 ce matin (heure locale).
L’intensité du trémor éruptif a diminué de moitié depuis le début de l’éruption et est relativement stable sur les dernières 4h. Le débit éruptif était estimé pendant la nuit entre 2 et 19 m3/sec.
L’OVPF précise que la persistance d’une activité sismique n’exclut pas l’ouverture de nouvelles fissures dans les prochaines heures, notamment plus en aval.
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