 Au loin le Stromboli, en activité
depuis 2500 ans... 
Quelle surprise de voir se coucher le soleil à 20h à la mi-septembre!...
 La plage de sable fin, mais noir
de Vulcano... 
Vue vers les autres îles Eoliennes
 Des sublimés de soufre...à voir
de près, avec un masque ou un mouchoir de préférence... | |
Mardi 11 Septembre 2001, La journée fut chargée, nous
avons quitté le Monte Etna, emprunté successivement une voiture, trois bus
jusqu'à Catane, encore deux autres pour Messine et Milazzo. Nos tickets en
poche, nous embarquons sur le ferry à destination de Vulcano. Bientôt à
l'horizon le soleil se couche tel un cachet de vitamine C dans un grand verre
d'eau (désolé, je n'ai rien trouvé de plus poétique!). C'est le repos, plus
besoin de courir ni de se soucier de quoi que ce soit pendant une heure trente.
Nous en profitons, évoquons les moments forts passés l'année passée à Vulcano,
nous sommes seuls au monde et sommes heureux... Mais un marin rencontré sur le
port arrive, il veut nous expliquer qu'il faut parler aux femmes, que les Tahitiennes
ont de gros seins et une dentition douteuse - super - il vient taper l'incruste,
il est gentil, mais collant. A quai, les vulcaniens nous accueillent, nous
proposent qui des places de camping, qui un appartement... mais nous, on veut
une chambre de l'hôtel Conti avec vue sur la mer, bien entendu nous n'avons rien
réservé, mais le gars de la réception qui, vu notre attirail, nous prend pour
des volcanologues, se démène et nous donne la clé de la chambre convoitée. Mercredi, Après
une bonne nuit de sommeil, nous restituons la chambre et demandons à laisser nos
affaires dans la réception de l'hôtel. Avant d'aller à la Fossa, nous passons
à côté de la marre de boue sulfurée, Nath insiste pour que j'y aille comme je
l'avais promis, je me déballonne, ça pue franchement de trop... quant à l'aspect...
heu!... Non, je cède ma place aux touristes allemands qui semblent trouver
ça à leur goût. A propos de ces touristes allemands, on les a croisés sur
le port: alors qu'ils patientaient gentiment, en une masse grouillante et animée,
leur guide, d'un ton autoritaire, et en deux ou trois mots, les fit se mouvoir
instantanément en un ensemble merveilleusement aligné. Quand même, ces allemands,
ils sont forts!... Il fait chaud, je porte mon pantalon de rando et une
grosse chemise, en bandoulière, le sac de l'appareil photo et nos deux vestes.
Ca baigne, ça dégouline même... En montant nous croisons toute une flopée de gens
en short, voire maillots de bain. Je pense au moment où comme l'année dernière
il y avait tant de vent. Cette année, nenni!... rien! J'ai crevé de chaud tout
du long!... Pendant la montée, nos avis ont divergé sur le goût de la roche,
salée ou non, c'est scientifique, il ne faut pas chercher à comprendre. Nous arrivons
au rocher de Jasmin (c'était notre guide l'année dernière, il nous avait joliment
comparé la chimie des roches avec des voyageurs prenant le train, expliquant que
lors de courtes distances les dialogues étaient quasi nuls, tandis qu'un trajet
Paris-Nice révélait plus d'affinités, de rencontres, de voyageurs montant et descendant au
cours du trajet, et c'est ainsi que la composition des roches pouvait évoluer,
avec le temps, laissant aux éléments le temps d'interagir les uns avec les autres...).
Nous sommes restés quelques temps dans notre champ de cailloux, puis
sommes montés en direction de la lèvre supérieure de la Fossa en admirant de-ci
de-là de superbes sublimés de soufre. Notre collecte minéralogique s'est poursuivie
à l'intérieur du cratère. Puis il est arrivé... laçage, accrochage et serrage
des guêtres... le moment de la descente... tel Neil Armstrong, des pas lunaires
pour une pesanteur bien terrestre. La descente dans les cendres, quelques
petites minutes de bonheur, de sensations, pour descendre ce qu'on monte en trois-quarts
d'heure. Un petit coucou à une toute petite Nath et un rendez-vous sur une petite
place en contrebas. Sur le chemin du retour, une dame, couteau en main fouille
au pied des cactus. Je pense reconnaître les fruits de cet arbre, des figues de
barbaries. Comme je n'en suis pas certain, je l'interpelle d'un léger "SCUZZI?...
" qui l'effraie, elle se redresse vivement et se cogne contre la branche
truffée d'épines... Oups!... Je suis confus, elle fait comme si elle n'avait rien
(pourtant, pour l'avoir expérimenté peu après, je peux assurer que s'y frotter
c'est s'y piquer!). Le mari de cette brave dame, puisqu'en Sicile, lorsqu'il
s'agit de rentrer dans les domaines techniques la place est à l'homme, donc
ce dernier se propose de me montrer comment le fruit se déguste, il me le prend
des mains, me l'épluche (démonstration no.1), je cueille donc d'autres fruits,
j'aimerais bien tenter ma chance, mais (démonstration no.2), il m'épluche un autre
fruit puisqu'il a mon couteau (qu'il me rendra après la démonstration no.3)... |