Sicile 2001 - Etna

Ciao l'Etna...


Nous sortons de la gueule de la Voragine et quittons les sommets pour d'autres aventures.
Attention au changement rapide des conditions météo. Quand le brouillard s'installe le repères disparaissent...
Soyez raisonables et n'aggravez pas une situation pénible en prennant des risques.
Curieusement, alors que nous étions au milieu de nulle part, nous avons une impression de quiétude. Le bivouac s'est avéré beaucoup plus apaisant que le camping...

Lundi 10 Septembre 2001 (suite),

... Le vent est fort et charrie des nuages de plus en plus présents. Bientôt, le ciel bleu fait place à un épais brouillard, nous espérons rejoindre l'Observatoire, et y camper. Pour le moment, nous longeons la coulée, pour le coup je demande à Nath régulièrement de vérifier le cap à l'aide... de sa boussole!

Je ne sais pas depuis combien de temps nous descendons maintenant, nous longeons le flanc droit de la coulée de lave du mois dernier ; parfois nous sentons s'en dégager de la chaleur accompagnée d'odeurs sulfurées. Sur la droite une coulée plus ancienne sur laquelle la végétation a repris le dessus.

Le brouillard est dense, il pleut, nos lampes frontales ne portent plus très loin, la nuit s'est bien installée. Nous devinons plus que nous ne voyons les coulées, celles-ci sont de plus en plus imposantes, se mettent en travers de notre passage rendant d'autant plus pénible notre progression, nous empêchant de prendre la direction voulue. Seule consolation, nous descendons.

Nous réalisons que la coulée de l'été ne semble plus être là. Mais où a-t-elle bien pu passer? En allant sur notre gauche c'est une coulée, mais ancienne également!... Nous voyons finalement dans le lointain les lumières des villes, quelques lampadaires plus proches. Il faut voir les choses en face, nous nous sommes égarés. Inutile d'aggraver la situation, il faut bivouaquer (nos réserves d'eau et de nourriture nous le permettent), demain il fera jour...

Il semble n'y avoir aucun endroit pour s'allonger, rien de plat en tout cas. Nous choisissons tout de même un petit coin en cuvette, tapis de sol et sacs de couchages devraient faire l'affaire. Le brouillard s'est levé. Nous passons finalement une nuit aux belles étoiles et au calme...

 

Mardi,

Nous avons merveilleusement bien dormi, nous avons peine à croire qu'il a gelé. La matinée est ensoleillée...

   

... nous sommes au beau milieu d'une vallée magnifique, de part et d'autre du plateau étroit sur lequel nous avons passé la nuit, un aplomb d'une bonne dizaine de mètres!...

Après un petit déjeuner salvateur, nous remballons notre matériel et redescendons par le centre de la coulée qui va s'adoucissant. Nous rejoignons une maison noire (faite du matériau le plus disponible dans la région, à savoir: la lave) - sans doute une bergerie - pas de fenêtres, des murs épais et un socle surélevé. Est-elle supposée résister aux intempéries volcaniques...?...

Toujours est-il que qui dit habitation dit sentier, et un sentier ça nous mènera probablement à une route... Nous l'empruntons.

Nous voyons des pancartes, nous sommes à proximité du jardin botanique donc prés de l'Observatoire astronomique...

...Des ouvriers! Alléluia!...

"Scuzzi Signor, dov'è la prossima strada per Nicolosi?"  et la strada en question ne semble pas top loin, par contre pour Nicolosi c'est encore 20km qu'il faudra parcourir... Nath veut absolument couper à travers le bois - probablement le champ de lave également! -, je suis persuadé que nous ne sommes pas très loin de l'arrêt de l'Observatoire. Cependant, lui ayant déjà donné nombre d'indications plus ou moins justes (d'ailleurs plutôt moins que plus), elle me demande de lui permettre de douter. Nath me suit tout de même. Nous rencontrons alors un autre autochtone qui nous indique Nicolosi à 15km, soit 5km de gagnés en à peine 500 mètres (pourvu que ça dure!). Finalement, au niveau de l'Observatoire, un gentil sicilien du crû nous remonte vers le refuge de Sapienza où selon les indications nous devrions trouver un bus dans l'heure pour sinon Catane, au moins Nicolosi.

Nous nous offrons le luxe d'une collation chaude dans un des snacks que les coulées de l'été ont finalement épargnés. L'heure d'attente touche à  sa fin et nous nous dirigeons vers l'embarcadère des bus. Les gens attendent eux aussi, le bus est prévu dans 10 minutes. Une bonne demi-heure plus tard, le bus AST n'avait toujours pas pointé le bout de son pare-chocs. Nous entamons nos investigations auprès des autres bus de touristes et finissons par figurer dans la liste de touristes néerlandais, direction Catane...

Maintenant il s'agit de trouver une solution pour rejoindre Vulcano.

... A bientôt le Mongibello!