Janvier 2003

 

Mercredi 1er janvier : L'île de Stromboli est actuellement complètement évacuée sauf quelques habitants qui auraient refusé de partir ; l'armée est sur place avec également une surveillance permanente par hélicoptère ; il n'y a plus d'électricité sur l'île car la vague du raz-de-marée déclenchée par l'effondrement d'une partie du massif le 30 décembre a détruit la centrale hydro-électrique de l'île ; des maisons ont été écroulées à Ginostra et à Stromboli le grand hôtel a été partiellement endommagé. L'île est régulièrement arrosée par une pluie de cendres ; l'activité est toujours soutenue et les 2 coulées sont toujours actives et arrivent toujours dans les flots. Les autorités s'attendent à d'autres écroulements dans le massif volcanique... A Panaréa 5 bateaux ont été endommagés. A Lipari une vague d'environ un mètre a pu être observée lors du raz-de-marée.

Source : Aventure et Volcans, Tanguy de St-Cyr


 

Décembre 2002

 

Dimanche 29 décembre : Hier le 28 décembre à 18h55, 2 cratères sommitaux celui le plus bas à droite et celui le plus à gauche sont entrés en éruption assez violente avec pluie de cendres sur toute l'île et coulées de lave descendant jusqu'à la mer en 15 minutes pour le premier cratère cité. Cette "double" éruption était visible depuis l'île de SALINA. L'accès au volcan est bien entendu interdit.

Source : Aventure et Volcans, Tanguy de St-Cyr


 

AOÛT 1999

 

11 juillet : le cratère C1 (le plus proche du sentier d'accès) expulse toutes les 10 à 30 minutes de superbes gerbes incandescentes d'une centaine de mètres de hauteur. Les éjecta retombent pour la plupart sur la Sciarra del Fuoco. Lors des explosions les plus fortes, des bombes viennent retomber au pied de la pente au sommet de laquelle se trouvent les abris. Il est conseillé aux observateurs de ne dormir que d'un œil ! Le cratère C3 (le plus à l'Ouest) contient 2 bouches dont l'une en particulier dégaze bruyamment et longuement. De jour, on ne voit quasiment rien sortir du cratère, mais de nuit, le spectacle devient intéressant car on se rend compte qu'en fait les cendres rejetées sont incandescentes.

Source : Claude Grandpey, L.A.V.E. Limoges


AOÛT et SEPTEMBRE 1998

 

Paroxysme du 23 Août

A 17h26, une violente explosion (suivie d’une seconde d’intensité moindre) secoue le cratère C1, accompagnée d’une colonne de cendres et lapilli. Des bombes incandescentes retombent jusqu’à 500 m d’altitude, déclenchant des incendies dans la végétation. L’intervention d’un Canadair empêche toute propagation du feu. Aucune victime n’est recensée, mais l’événement a créé une belle panique dans l’île, d’autant plus que l’état de la mer interdisait l’accostage des aliscaphes ! Pendant une semaine environ, l’accès au sommet fut totalement interdit, puis règlementé.

 

Paroxysme du mardi 8 septembre 1998

Ce témoignage, sous forme d’un récit, a pour but essentiel de mettre en garde les randonneurs qui montent au sommet du Stromboli. Malgré son activité régulière et relativement calme, il ne faut pas oublier que le Stromboli est un volcan, et qu’il peut être pris de convulsions très violentes allant jusqu’à menacer les villages. Au cours de ce siècle d’ailleurs, à plusieurs reprises, ces derniers ont été atteints par le feu du volcan. D’autre part, même s’il est d’altitude modeste, il faut garder à l’esprit que le Stromboli est une montagne, avec tous les dangers qui lui sont associés : météo, randonnée plutôt difficile, etc. Il ne faut donc jamais se lancer tête baissée dans une ascension sans avoir au préalable analysé tous ces paramètres.

Lundi 7 septembre 1998

Je débarque sur l’île en début d’après-midi avec un groupe de 5 personnes que j’accompagne pour le compte d’un voyagiste. Il est prévu, en principe, de passer les deux prochaines nuits en bivouac au sommet du volcan. Personnellement, je n’en vois pas l’intérêt, persuadé qu’en cette saison les conditions climatiques doivent en principe être clémentes et que, par conséquent, une nuit au sommet doit suffire. Cette solution permet de profiter de l’île, de ses plages plutôt que de s’isoler trente heures durant dans l’univers minéral et exigu du sommet. Le groupe optant également pour cette solution, je propose donc de bivouaquer dans les parages de l’ancien sémaphore Labronzo, transformé depuis 15 ans en pizzeria. De ce point d’observation, les cratères sont bien visibles, nous pourrons ainsi prendre en quelque sorte le pouls du volcan avant l’ascension du lendemain.

Un rougeoiement permanent s’observe au sommet et provient de la bouche Nord (la plus à droite depuis la Cima). Il trahit une activité sans doute persistante à l’intérieur de ce cratère. Des variations d’intensité lumineuse le prouvent et parfois quelques lambeaux de lave dépassent la ligne de crêtes de la terrasse éruptive sommitale. Des explosions assez fréquentes (toutes les 10 mn environ) et bien développées s’observent aussi au niveau de la bouche Ouest (la plus à gauche depuis la Cima).

Vers 23 h, l’activité de la bouche Nord augmente et arrose copieusement de bombes les hautes pentes de la Sciarra del Fuoco, dans le secteur Nord. Dans le courant de la nuit, ces explosions se font de plus en plus fortes et semblent franchement dirigées vers le Nord. Une personne du groupe ne parvenant pas à trouver le sommeil confirmera l’augmentation progressive de ces explosions et, de fait, la beauté du phénomène. Dans le même temps, l’activité de la bouche Ouest ne semble pas perturbée. Le bruit des explosions est bien perceptible sous la forme d’un lointain grondement.

Mardi 8 septembre 1998

La météo ne cesse de se dégrader dans la journée, le ciel se remplit d’orages. Les pêcheurs annulent le tour de l’île en barque que nous avions programmé. Moi-même n’envisage plus l’ascension, ayant déjà vécu le calvaire d’un orage au sommet. Les guides refusent également d’emmener leur groupe quotidien d’une cinquantaine de personnes. En fait, peu de touristes iront ce soir au sommet, la plupart prenant la sage décision de différer leur ascension. Mon groupe cautionne ma décision d’annuler l’ascension. Seul l’un d’eux veut tenter l’ascension. Je trouve donc des chambres chez l’habitant pour mes gens raisonnables et suis obligé d’accompagner le réfractaire.

Au niveau du sémaphore Labronzo, ce que j’avais prévu se vérifie : le volcan dégaze, sous forme de vapeur, l’eau qu’il a reçu par intermittence en courtes averses dans la journée et un très puissant panache blanc s’élève des cratères, rendant illusoire tout espoir d’observer les explosions, dans l’hypothèse tout aussi illusoire que l’orage épargne le volcan. Brusquement, j’aperçois une énorme gerbe de projectiles incandescents jaillir du panache de vapeur pourtant épais et s’élever haut dans le ciel à une hauteur d’au moins 300 m au-dessus du sommet du volcan (cf. dessin suivant).

Dans les 2 secondes qui suivent, un énorme coup de canon, sec et bref, retentit. Il est 19h15. L’une des bombes, énorme (j’évalue sa taille à celle d’une petite voiture) s’élève, tirant dans son sillage un tourbillon de fumée noire, s’écrase à mi-pente de la Sciarra del Fuoco et explose sous la violence du choc en multiples fragments provoquant une avalanche de feu jusque dans la mer. Parallèlement, j’observe des points incandescents dans le tiers supérieur du vieux volcan Vancori). Un panache de cendres brunes s’élève du cratère Nord responsable de ce paroxysme et se dirige vers les villages du Nord de l’île. Puis un sourd grondement accompagne de grosses volutes moutonnées, épaisses et très sombres qui s’élèvent à une centaine de mètres de hauteur. Plusieurs incendies se déclenchent sur les flancs de la montagne comme en témoignent les panaches de fumées qui s’élèvent de la végétation. Certains, sur le versant Nord invisible depuis le sémaphore, semblent s’être déclenchés à basse altitude.

Le long panache de cendres de l’éruption s’est maintenant dilué dans l’atmosphère, au-dessus de la mer. Avec le soir qui tombe, la lueur rouge des incendies est bien visible tandis que l’orage cette fois gronde et que des éclairs ceinturent toute l’île au large.

Dans les villages, les membres du groupe restés dans la pension témoignent : « il y a eu un bruit énorme qui a fait vibrer le sol et les murs des maisons, le toit en roseau de la terrasse s’est soulevé, un souffle a balayé l’espace tandis que les personnes, un court instant prises de panique, couraient dans tous les sens se demandant ce qui se passait avant de se rendre compte qu’il s’agissait du volcan. Le tocsin s’est alors mis à sonner ». Une autre personne raconte : « j’ai couru à l’extérieur et j’ai vu des pierres rouges dégringoler les pentes du volcan, enflammant instantanément la végétation en décrivant de longues traînées de feu. J’ai vu aussi une dernière bombe tomber du ciel et s’écraser au sol, puis la cendre s’est abattue sur nos têtes, crépitant sur les toits ». Ces observations, depuis les villages distants, à vol d’oiseau, d’au moins 1,5 km, permettent d’évaluer, en fonction de la vitesse du son et du temps de réaction des témoins, à 15 voire 20 secondes, le temps de chute de certaines bombes. J’ose à peine imaginer ce qui a dû se passer dans la zone sommitale. Normalement, nous aurions dû y être !

Cette fois, mon réfractaire s’est résigné, il renonce à l’ascension... La dizaine de personnes présentes sur les pentes de la montagne redescendent. Les carabiniers accourus en hâte au sémaphore interdisent à quiconque de monter. Nous redescendons. Vers 250 m d’altitude, sur le versant séparant les villages de San Vincenzo et de San Bartolo, un incendie fait rage. Mais bientôt, des trombes d’eau s’abattent sur toute l’île et l’éteignent. La météo nous a peut-être sauvé la vie. A ma connaissance, ce paroxysme, plus violent que celui du 23 août (cf. ci-avant), n’a fait aucune victime. Au matin, un hélicoptère de la Sécurité Civile est à Stromboli et, déjà, plusieurs journaux italiens ont relaté l’événement également retransmis sur les chaînes de télévision et de radio.

Patrick Barois (L.A.V.E. Nord)

 

Mercredi 16 septembre

Les brouillards et nuages intermittents gênent l’observation des cratères. Des explosions se produisent , à mon arrivée, vers 17h30, toutes les 20 à 30 minutes.

A la nuit tombante, on peut voir que 4 bouches éruptives sont actives : une à l’Ouest (C4 ?) et une autre à l’Est (C2) alternent assez réglièrement leurs explosions ; une petite, située au milieu et très proche de la bouche orientale (C3), semble avoir une activité peu importante, mais quasi-permanente ; enfin, vers 21h, alors que ces 3 bouches ont fonctionné presque simultanément, elles sont accompagnées presqu’aussitôt d’une quatrième, plus orientale (C1) , qui émet un panache bien vertical, dont peu de temps après, nous recevons une pluie de lapillis.

Simone Chrétien (L.A.V.E. Nancy), et Benjamin Lisan (L.A.V.E. Paris)


 

JUIN 1998

 

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La bouche nord-est explose.

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La bouche sud-ouest... des gerbes étroites, légèrement  inclinées vers le nord...

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Aux premières lueurs de l'aube, la bouche sud-ouest explose, et expulse une gerbe incandescente, ...

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... puis un panache de cendres. Quelques secondes plus tard, la bouche nord-est explose à son tour. Une seconde gerbe incandescente jaillit.


Au cours de la nuit du 22 au 23, seuls le cratère principal (nord-est) et le cratère sud-ouest à l'autre extrémité de la terrasse active manifestent une activité explosive.

Le premier émet des gerbes qui atteignent et dépassent parfois en hauteur la "Cima", et qui tapissent de bombes incandescentes la terrasse sur toute sa largeur. Leur fréquence changera peu au cours de la nuit, se maintenant à environ trois à quatre explosions par heure.

Le second cratère, sud-ouest, est plus violemment explosif. A chaque explosion, accompagnée de violentes détonations, il émet des gerbes étroites, légèrement inclinées vers le nord, dont les bombes retombent à l'intérieur du cratère, ou à proximité immédiate sur le flanc nord. La durée de ces explosions est aussi plus longue, de l'ordre de la demi-minute. Elles sont souvent suivies de l'émission d'un panache de cendres, que la brise de mer emporte vers le sud.  Au cours de la nuit, l'activité du cratère s'intensifie, et c'est à une dizaine d'explosions par heure qu'assisteront les quelques observateurs restés jusqu'à l'aube.

Gilbert Mahoux (L.A.V.E. Paris)


 

 

Compte-rendus précédents :

Août 97
Avril 97
Février 97