Du
13 au 20/07, de nombreuses chutes de roches ont lieu sur le côté
sud du dôme de lave. De nombreuses coulées pyroclastiques sont originaires du
flanc sud et se déplacèrent en bas de Tar River Valley. Les autres sont issues
du flanc ouest du dôme. Le 29, la cendre du volcan se déposa sur Puerto Rico à
450 km de l'île de Montserrat. Le dôme augmentant dans sa zone sommitale s'effondra
partiellement générant des coulées pyroclastiques sur le flanc Est et entrèrent
dans la mer. Peu après, les observateurs ont observé une déviation des coulées
vers l'Ouest. Les précipitations associées aux cendres ont généré des lahars descendant
Belham River. Des reconnaissances du dôme ont révélé que celui-ci s'est affaissé
de 150 m créant un complexe en forme d'amphithéâtre de plusieurs centaines
de mètres. Un nouveau dôme s'élevait dans cette balafre. Des dépôts sur la partie
haute de Tar River Valley laissent supposer que le nouveau dôme a produit plusieurs
petites coulées pyroclastiques.
Décembre
2000
Claude GRANDPEY, L.A.V.E. Limoges
Info-LAVE
du 8 décembre 8h00 :
L'activité
et la croissance du dôme se poursuivent de façon continue. Le sommet du dôme montre
une crête dentelée et l'on observe régulièrement des avalanches de blocs incandescents,
en particulier sur les versants Est et SE. Les émissions quotidiennes de dioxyde
de soufre ont été évaluées à 1 020 tonnes fin Novembre. Il est demandé à
la population de rester vigilante en permanence, étant donné le risque persistant
de coulées pyroclastiques.
Juin 2000
Claude GRANDPEY, L.A.V.E. Limoges
Info-LAVE
du 14 juin 19h00 :
La
situation est stable, avec les habituels écroulements du dôme, mais sans
conséquences majeures pour les populations.
Août
1999
Sources
:Volcano et Discovery Channel Online
Observations in situ
Deux
coulées pyroclastiques ont dévalé la Tar River et atteint l'océan ces dernières
semaines : les 17 juin à 5h57, ainsi que le 21 juillet à 5h08 heure locale, alors
qu'une puissante explosion propulsait également un nuage de cendres à plus de
13 kilomètres d'altitude.
Octobre
1998
Bernard
POYER ; sources : rapports MVO - contacts particuliers
Observations in situ
De
nombreux évènements quotidiens se produisent depuis la grande avalanche du 3 juillet.
Le dôme présente une pente très forte sur la face dominant Tar River (Est), mais
tous les côtés offrent des conditions d'instabilité, notamment au-dessus de White
River. Les écroulements quotidiens sont parfois nombreux (45 le 13 août).
Face
à cette situation de calme relatif, à comparer avec les crises passées, les autorités
discutent de la possibilité de remettre en opération un aéroport. De timides concertations
naissent sur le futur des bourgs non loin du volcan mais ces projets dépendent
étroitement de l'apaisement de Soufriere Hills et de sa stabilisation.
Août
1998
Bernard
POYER ; sources : MVO et correspondants locaux
Observations in situ
Nous
écrivions dans LAVE n° 73 que le semestre de calme de Soufriere Hills engendrait
la perplexité sur le devenir de léruption. La croissance du dôme se poursuivait
selon un rythme plus lent, les légères déformations du massif et les résultats
des émanations soulignaient lactivité persistante du volcan. Cependant il
ny avait plus de coulées pyroclastiques, décroulements gravitaires
notables et dexplosions. Seuls, se produisaient de petites avalanches et
des essaims de séismes hybrides et volcano-tectoniques. Le MVO recommande néanmoins,
dans ses rapports quotidiens, de rester à l'écoute de la radio, lactivité
du volcan pouvant soudainement changer. C'est
ce quil fit à 3 heures du matin, le vendredi 3 juillet. Un signal sismique
intense se produisit durant 3 à 4 minutes, précédant une avalanche pyroclastique
qui dura 2 heures 30. La cendre couvrit toute lîle et atteignit Nevis
ainsi que St Kitts. L'analyse des images satellite permit dévaluer la hauteur
du panache à 15 000 m. Les dimensions du delta de Tar River s'agrandirent par
lapport des débris. Il sest produit un écroulement considérable du
secteur Sud-Est du dôme, laissant à la place un grand évidement. Heureusement
ce phénomène sest déroulé de nuit : en effet, nous avions observé,
dans la zone interdite, une légère circulation durant le jour, enhardie par le
long calme du volcan. Montserrat aurait sans doute ajouté de nouvelles victimes
à sa liste. Le même jour,
à 14h, un important signal sismique précéda un panache émis au sommet de Soufriere
Hills, atteignant 5 000 m. Il est probable quil fut le résultat dune
explosion au dôme. Les observations effectuées au Belham Bridge (Nord-Ouest) confirment
que de nouvelles coulées de boue avaient comblé le lit du torrent jusquau
tablier du pont, des blocs de 30 cm gisant sur celui-ci. Léruption
a construit un édifice par empilement de matériel issu des dômes successifs ;
la fragilité de l'édifice peut être encore soudainement affectée soit par le poids
des eaux pluviales, soit par les à-coups du magma et des gaz qui gagnent péniblement
la surface. Actuellement,
les chiffres de 24 avalanches et 11 séismes volcano-tectoniques peuvent être atteints
quotidiennement. Depuis cet écroulement, il nest pas apparu dextrusion
au sommet. Une alerte à de futures explosions et nuées pyroclastiques est diffusée
par le MVO. Les derniers relevés
de température à 2 m de profondeur dans les dépôts à Plymouth et aux abords varient
de 145 à 211 °C. Le danger demeure réel sur toute la périphérie du volcan.
Photos
: Bernard Poyer Cliquez sur les photos pour les agrandir.
Tar
River
Panache
(octobre 97)
Dôme-aiguille
Fiole
et bouteilles
Concertation
Juin 1998
Bernard
POYER ; sources : rapports du MVO et contacts sur place
Observations in situ
Depuis
plusieurs mois, ce volcan plonge les observateurs dans la perplexité. Soufriere
Hills nous avait habitués à un comportement cyclique constitué par une alternance
d'explosions puis de croissance de dômes, et voilà que l'entracte se prolonge.
Que se passe-t-il ? Le dôme
poursuit sa croissance lente, semblant déclinante depuis mars ; l'activité
sismique, à une profondeur de 2-3 km directement sous le dôme, atteint quotidiennement
10 séismes hybrides et de 8 à 20 séismes volcano-tectoniques ; de 3 à 15
avalanches gravitaires quotidiennes surviennent ; des séismes régionaux sont
localisés à l'Est de Montserrat (30 km Ouest d'Antigua) ; un important
dégazage de dioxyde de soufre (SO2) se manifeste au sommet du dôme.
Il est recommandé à la population
de rester à l'écoute de la radio locale, car la situation calme que présente le
volcan peut changer soudainement. Le
MVO envisage de réinstaller un tiltmètre au sommet de Chances Peak (en remplacement
de l'équipement qui fut détruit lors des explosions de l'automne dernier). Cependant,
la présence en cet endroit de blocs de dimensions métriques et l'importante épaisseur
des dépôts sont dissuasifs pour y envisager une station stable transmettant des
indications fiables. L'idéal serait que l'instrument soit positionné le plus près
du dôme, là où la déformation est la plus marquée. Le MVO s'attache, pour la première
fois en cette période de calme, à remettre en état les balises GPS implantées
sur plusieurs sites, dont les flancs du Sud-Ouest et South Soufriere Hills, afin
de recueillir des données sur la déformation. La
décroissance de température dans les dépôts pyroclastiques demande du temps :
en certains endroits il est encore mesuré à 300 °C à 2 m de profondeur
dans la couche du 21 septembre 1997, toute incursion est très hasardeuse. Enfin,
ces mêmes surfaces sont instables, et les arpenter peut entraîner une glissade
vers des profondeurs extrêmement brûlantes. Faute
d'avoir à regarder en l'air, à ajuster son masque et à "décendrer",
l'état d'esprit dans l'île s'active de la manière suivante :
les habitants reprochent aux scientifiques
des prédictions imprécises lors des éruptions survenues en 1996 et 1997, et un
jargon compliqué dans leurs explications...
les
scientifiques admettent leurs difficultés à prévoir à l'avance les éruptions ("la
volcanologie est une science imprécise") et à communiquer en termes simples
avec les profanes...
les autorités
déplorent les 20 victimes piégées chez elles, en dépit des ordres d'évacuation...
les uns et les autres discourent sur l'inefficacité
des moyens d'alerte, sur les volte-face relatives au séjour ou non dans Plymouth,
sur l'aptitude des habitants à sentir mieux que les scientifiques les humeurs
du volcan, sur les tensions avec les autorités, sur la variabilité des limites
des zones (interdite - dangereuse - sûre - pas sûre - exposée - incertaine - probable...)
qui place sans cesse le Montserratien dans l'expectative : " suis-je placé
aujourd'hui du bon, ou du mauvais côté, ou bien à cheval sur la ligne ? "
En
ce mois de juin, le comportement du volcan est tel, après ce semestre de calme,
que les avis se partagent sur l'orientation que va prendre Soufriere Hills. On
a vu plus haut que les signes révèlent une activité persistante, ce qui laisse
à penser que le magma éprouverait des difficultés à gagner la surface. Il faudra
encore des mois d'observation pour s'exprimer. Pour l'instant, il y a doute et
personne ne prend le risque de le lever.
Août
1998
Bernard
POYER ; sources : MVO et correspondants locaux
Observations in situ
Un
parallèle saisissant pourra être établi entre La Montagne Pelée et l'éruption
actuelle dans l'île voisine de Montserrat: autres temps, autres lieux, mais l'histoire
se répète (L. STIELTJES)
En ce mois de mars 1998,
il me paraît essentiel de faire un point sur Soufriere Hills qui vit sa troisième
année d'éruption. C'est une réflexion personnelle sur les événements passés, sur
ceux survenant de nos jours, et sur le devenir de ce volcan.
Avant...
Le réveil, en juillet
1995, n'aurait pas dû être une surprise (cf. articles de lauteur dans LAVE
67 et 68). Une fois le mécanisme éruptif enclenché, nous avons constaté une montée
progressive en puissance se concrétisant par les pics suivants: - le 17 sept.
96 Explosion (vulcanienne) Nuée - Comblement de la Tar River - Avancée sur la
mer - le 25 juin 1997 Nuée et surge atteignant la proximité de l'aéroport
- Victimes - Juillet/août/18 octobre 1997 Nuées et surges - Destruction de
Plymouth - le 21 septembre 1997 Nuée et surge - Destruction du terminal de
laéroport - le 26 décembre 1997 Écroulement de Gallways Wall (Sud-Ouest)
Nuée et surge - Comblement de la White River. Avancée sur la mer : on observera
la régularité des faits dans ce pointage qui présente un intéressant intervalle
de 90 jours entre juin, septembre et décembre 97...
La Tar River,
comblée par les coulées pyroclastiques, et le New Delta, cône d'éboulis qui s'avance
sur la mer
Versant
nord de Soufriere Hills, sur lequel se sont élancées de nombreuses coulées pyroclastiques
Un nuage
de poussières descend du volcan sur la ville martyr de Plymouth
Tuitts,
Whites, Paradise... : des paradis qui ont sombré dans l'enfer des nuées ardentes
L'aéroport,
détruit par une coulée pyroclastique en fin de course
Photos
: Gilbert Mahoux Cliquez sur les photos pour les agrandir.
Après
des crises d'adolescence, le volcan est venu à maturité notamment avec l'escalade
de son activité, celle-ci ayant atteint son plus haut point depuis six mois.
L'observation des manifestations
est illustrée par le scénario cyclique suivant : croissance d'un dôme - configuration
instable - inflation/déflation - déformation du sol au voisinage - séismes nouveaux
- écroulement/explosions/nuées/surges - excavation cratérique sommitale - édification
nouveau dôme dans la dépression - activité fumerollienne - activité de dégazage
rythmique lente - croissance rapide du dôme - configuration instable... et ainsi
de suite. Notre visite se
situe lors de la phase d'édification d'un nouveau dôme : « dôme du 22-10-97 ».
...maintenant...
L'aspect topographique
des lieux est recomposé, avec la quasi-disparition de la caldeira en fer à cheval
passée (English Crater). L'émergence successive de dômes, leurs localisations
variées, leurs écroulements partiels et leurs structures rémanentes font que,
d'une part, le point le plus élevé de l'île n'est plus Chances Peak et que, d'autre
part, avec l'effacement prononcé des contreforts de l'enclos primitif, nous sommes
en présence d'un stratovolcan pyramidal dont la forme, vue d'avion, fait penser
à celle du Stromboli. Les
avalanches survenant, depuis le sommet, dans toutes les directions, neutralisent
tout espoir de s'approcher de la base par une quelconque face. La volonté de "voir
de plus près" devient ainsi un risque individuel. La décision d'une course
dans ces conditions fait entrer la notion d'exposition volontaire, pour uniquement
son propre intérêt personnel. Se prononcer pour une abstention à s'aventurer me
semble, à ce niveau d'éruption, un choix raisonnable. Que
des touristes ou des journalistes s'engagent dans la zone interdite (à très haut
risque) c'est leur affaire, mais si certains parmi nous veulent avoir un aperçu
général de ce volcan, je leur conseille d'adresser un message préalable à la visite,
au MVO, puis de se présenter à celui-ci afin de prendre connaissance de la situation
et évoquer ses projets. Puis, en cas daccord, se rendre avec un véhicule
aux deux seuls points d'observation intéressants : Jack Boy Hill au Nord-Est,
et les hauteurs de Frith au Nord-Ouest. Même les scientifiques du MVO n'accèdent
pas en véhicule aux régions dévastées, ni ne circulent sur les dépôts. A ce jour,
on relève : - 126 °C à 1,05 m dans les dépôts de Trants de septembre 97
- 292 °C à 1,20 m dans les dépôts de Farms de septembre 97 - 141 °C à 60 cm
dans les dépôts de Paradise River/Harris de juin 97 - 590 °C à 1,50 m dans
les dépôts de la zone de l'aéroport de juin 97, ce qui démontre que la température
demeure très élevée durant des mois. Certes, la surface de tous les dépôts est
presque plane, c'est tentant de s'y rendre, mais cet épandage cache de dangereux
pièges, dont les dépressions inhérentes à la configuration du sol, telles qu'on
les trouve sous une couche de neige. Le
dôme poursuit sa croissance, à raison parfois de 14 cm en 48 heures. Le foyer
des séismes (plus de cent par jour) se situe sous le dôme à une profondeur de
2 à 3 km. L'écartement des "gencives" constituées par les collines avoisinantes
est de 17 cm vers le Nord-Est en 14 mois. L'ensemble du massif, toutes pentes
confondues, est démesuré, abrupt. L'équilibre est actuellement précaire. On sait
que plus un dôme croît en hauteur et en largeur, plus grand est le risque de voir
survenir un effondrement de grande envergure. Sachant que la survenance d'un écroulement
gravitaire ne prévient pas, que le silence qui règne sur ce dangereux édifice
en phase de croissance est de mauvaise augure, je n'ai approché, seul et à pied
(et dans un état de sévère tension), que Fort Ghaut, à l'entrée Nord de Plymouth.
Les équipes du MVO accèdent par
hélicoptère aux sites aménagés d'instruments de mesures, pour les besoins de leur
entretien périodique. La limitation de charge de l'appareil impose l'emport de
deux membres seulement, avec leur matériel, car il faut 40sec pour la mise en
puissance et l'éloignement précipité, ce qui est un délai déjà insuffisant compte
tenu de la vitesse de progression des nuées et de la densité des retombées.
La population restante s'est familiarisée
avec les sautes du volcan, c'est une sorte d'usure avec le temps, qui a certainement
contribué à accroître maintenant son temps de réponse en cas d'alarme. Depuis
1998, l'activité éruptive est localisée principalement à Gallways, ce qui fait
que les observations visuelles sont nulles puisque c'est le flanc Sud qui est
concerné. Le cycle établi
semblant se situer dans un "intervalle" au moment de mon séjour, il
est probable que la suite verra se produire des nuées pyroclastiques.
...demain
Les principaux
événements qui peuvent survenir en tenant compte du niveau actuel d'activité sont
le déclenchement de grandes nuées à l'occasion de l'écroulement d'une partie du
dôme, et d'importantes explosions. Les signes précurseurs de ces épisodes se déclenchant
lors de l'escalade significative de l'éruption ne pourraient malheureusement être
détectés que quelques minutes avant. Néanmoins le strict respect de l'interdiction
de séjour dans la zone d'exclusion permet d'exclure à 90 % le risque de victimes
en cas d'explosion moyenne. Les
indicateurs pour estimer le futur pourraient être : le taux de croissance
du dôme, les déformations du sol, les caractères de la séismicité, le flux du
gaz dioxyde de soufre. On
peut évaluer, de manière empirique, la durée totale de l'éruption de 5 à 6 ans,
en comparant d'autres éruptions à dôme andésitique dans le monde, aux mêmes dimensions,
et en rapprochant les proportions de l'activité actuelle avec les éruptions passées.
Il est ainsi improbable de voir un arrêt dans les trois mois. Une activité explosive
intermittente, de nature similaire à celle du 17 septembre 1996, est envisageable.
Des nuées pyroclastiques d'origine gravitaire se produiront, elles gagneront progressivement
les surfaces intactes car toutes les gorges (Ghaut) à la périphérie du volcan
sont comblées. Une diminution dans la croissance d'un dôme serait-elle, à elle
seule, un facteur d'affaiblissement de l'éruption ? Pas nécessairement, car s'il
y a poursuite de la déformation du sol l'augmentation de l'activité éruptive apparaîtra.
Une
visite à Montserrat ?
Pas
de tourisme - absence dhôtels - rares points de restauration - absence de
correspondances (séjour à Antigua) - absence d'accueil - hébergement chez l'habitant
(aléatoire) - rares dégagements du sommet - groupe optimal 3 personnes (voiture,
matériel, points d'hébergement). Planifier avant départ : transport - MVO - séjour.