| Décembre 2000 ; Juin
2001 |
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| Source
: Hawaïan Volcano Observatory (http://hvo.wr.usgs.gov/kilauea/update)
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Observations in situ
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Comme
rappelé dans LAVE n° 89, l'éruption du Kilauea est entrée dans sa 18ème année
d'activité quasi-continue : depuis 1983, 104 km² ont été recouverts
par la lave pour un volume estimé à 2 km³. Depuis
la mi-décembre 2000, les coulées ont arrêté de se
jeter dans l'océan laissant place à une activité d'épanchement sur la plaine côtière
et sur les grandes pentes (Pulama Pali). Le volcan agrandit son territoire en
empiétant sur le domaine des Jardins Royaux. De petites résurgences sur la plaine
côtière ont permis à la lave d'atteindre la mer le 21 janvier
avant de s'arrêter une semaine plus tard. Entre février et fin avril, l'activité
laisse tantôt apparaître la lave, tantôt elle se cantonne sous le volcan. Le 29
avril, l'effondrement d'un bloc sous la côte a permis à la lave de se déverser
sous le sable mouillé : des fragments de roches et de lave sont expulsés à 30 m
au-dessus de la falaise. Le
5 mai, de multiples coulées issues de la plaine rentrent
dans l'océan à trois endroits différents près de la limite Est du Parc National.
Le 20 mai, pendant tout l'après-midi, le tiltmètre
sommital du Kilauea indique qu'un " volume de quatre millions de m³
de magma était entré dans le réservoir sommital ". Cette " provision " de
magma s'est reflétée sur la côte: augmentation du débit entrant dans l'océan ;
apparition de nombreuses coulées plus ou moins importantes sur la plaine côtière.
Le 3 juin,
les mêmes événements que ceux du 20 mai se reproduisent
au sommet du Kilauea et Pu'u'O'o : une lente déflation (perte de 2,6 micro-radians
sur le tiltmètre proche du H.V.O.) est observée et à 01h25 le 4
juin se produit une inflation très rapide (pendant 55 minutes, augmentation
de 2,4 micro-radians) puis plus lente jusqu'à 4h00 (0,3 micro-radians supplémentaires).
Comme un petit frère, le Pu'u'O'o débute une lente déflation le 3
juin vers 10h jusqu'à 22h (perte de 0,9 micro-radians) et l'inflation s'ensuit
le 4 juin vers 2h (0,4 micro-radians). Fin
juin, le tremor reste faible à modéré, aucune incandescence n'est observée dans
le cône du Pu'u'O'o mais la lave semble entrer en mer à l'Est de Kupapa'u.
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Observations in situ
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La
lave continue à sécouler vers le Pacifique au rythme de 250 000 à 300 000
m³ par jour à partir de bouches éruptives situées sur le flanc
Sud-Ouest du Puu Oo. Toutefois, après une interruption de lalimentation
entre le 12 et le 14 août accompagnée dune inflation du Kilauea -
, le débit des coulées est actuellement très irrégulier. Lapproche,
en particulier par lOuest (Chain of the Craters Road), est à la fois difficile
et dangereuse. Depuis le 11 juillet, il nexiste plus quun seul point
dentrée de la lave dans la mer, le site de Kamokuna ; celui de Wahahula
semble désormais tari. La prudence est de mise dans ce secteur également du fait
des risques dexplosions et deffondrements imprévisibles de la banquette
littorale. |
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| Irène
Margaritis, Franck Tessier et Patrice Tordjman (L.A.V.E. Sud-Est)
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Observations in situ
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Ininterrompue
depuis bientôt 15 ans, lactivité hawaïenne se concentre depuis 1993 sur
le secteur du PuuOo, et lon peut désormais parler véritablement
dun appareil volcanique individualisé, sans le rattacher forcément au Kilauea.
Les sites actifs, et donc attractifs pour les passionnés que nous sommes, peuvent
se diviser en trois groupes distincts : | |
| Surveillé
en permanence par les caméras vidéo de lobservatoire volcanologique dHawaï,
ainsi que par les norias dhélicoptères qui le survolent quotidiennement,
le cratère du PuuOo a reçu notre visite les 26 et 27 février
derniers. La surface du lac de lave permanent se situait très bas dans le conduit
dalimentation, environ une quinzaine de mètres sous le niveau du fond de
la large dépression provoquée par le récent effondrement dun lac bien plus
vaste. La surface du magma était crevée régulièrement de bulles de gaz de faible
taille et l'ensemble se révélait plutôt calme ; il était impossible de voir
par où sévacuait la lave vers laval. Sur le terrain, Guy de Saint-Cyr
et Claude Grandpey nous confirment que le niveau de ce lac connaît dénormes
variations, allant jusquà déborder comme dans la nuit du 14 au 15 janvier.
Au cours de cet épisode, le lac se serait entièrement rempli, puis vidé à lextérieur
cinq fois de suite, créant ainsi les grosses coulées pahoehoe par où on accède
maintenant facilement au cratère, égueulé dans sa partie Nord-Ouest. Toujours
dans le cratère, mais plus à lEst, nous avons observé un point deffusion
de lave, qui a émis deux courtes coulées très fluides à une heure dintervalle,
précédées dune très forte détonation ; malheureusement, la présence
de gaz très denses a considérablement gêné ces observations. A noter que toutes
les personnes ayant fréquenté le cratère durant cette période, y compris les plus
aguerries, ont été surprises par la virulence du panache du PuuOo,
parfois à la limite du respirable même avec un masque à gaz. Dans
la partie Sud du cratère, on observe deux très beaux « skylights » ;
il sagit certainement de regards sur le cours hypogée de la lave, en route
vers les côtes du Pacifique. A
signaler louverture dune deuxième bouche le 11 mars dernier dans le
cratère du PuuOo (info donnée par le site Internet).
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| Entre
le cratère sommital et le débouché des coulées au bord de la mer, nous avons visité
trois points dobservation du flux de lave. Les deux premiers, localisés
dans la zone de plus forte pente (Pulama Pali) ne présentaient pas un grand intérêt :
lave invisible, uniquement dégazage et incandescence importants. En revanche,
le dernier, que nous avons découvert presque par hasard, car invisible à quelques
mètres, se révéla remarquable : le torrent de lave était visible sur une
trentaine de mètres, avec une cascade ; le débit semblait être de lordre
du mètre-cube par seconde. | |
| Trois
points de sortie des coulées sont actuellement visibles, confirmant lhypothèse
dune sorte de delta souterrain. Les deux premiers, distants de quelques
dizaines de mètres à peine, se trouvent au lieu dit Kapokuna. Le plus à lOuest
ne présente pas beaucoup dintérêt ; en revanche, celui situé à lEst
a montré un visage toujours changeant lors de notre séjour sur place :
- Les 18 et 19 février, un
important flot de lave jaillit en permanence au pied de la falaise côtière, haute
dune quinzaine de mètres. Larrivée au contact de la mer provoque de
belles explosions, projetant des lambeaux de lave. Le panache très acide est très
important et des « cheveux de Pelée » pleuvent parfois, se plantant
dans la peau. - Le 20
février au matin, après une nuit de bivouac sur place, lactivité change
brutalement vers 7 heures. La coulée se met à se déverser en cascade dune
ouverture située à peine 2 mètres sous le sommet de la falaise ! Le spectacle
est fabuleux, une avancée basaltique se crée sous nos yeux, et à midi Big Island
sest encore agrandie. -
Le 1 mars, la morphologie du site a encore évolué : une plate-forme solide
de plusieurs centaines de mètres carrés sest formée, où sécoule un
véritable delta de lave. Cette lave particulièrement fluide reste incandescente
quelques instants après son immersion. Le contact brutal avec leau de mer
fragmente la lave en blocs de petite taille animés de fortes convulsions.
Au niveau de lautre
arrivée dans la mer, située environ un km plus à lEst, à Wahaula,
une belle coulée pahoehoe est visible en surface. En plusieurs points, la lave
sécoule ensuite en de petites gargouilles qui se déversent dans la mer,
cascadant depuis une plate-forme. Plus dune dizaine de points de sortie
distincts fonctionnent en permanence et lactivité est plus constante quà
Kamokuna. Là aussi, de grosses quantités de vapeur deau sont émises et la
lave se fige en gros blocs fumants, dont certains flottent plusieurs secondes
à la surface des eaux du Pacifique ! | |
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Renseignements
pratiques Accès :
lors de notre séjour, les rangers du Parc National des Volcans étaient sereins,
presque accueillants
Deux secteurs restent cependant interdits en permanence :
lintérieur du cratère du PuuOo et toute la zone entre
celui-ci et le Napau Crater. On essaye aussi de vous dissuader daller voir
les coulées et surtout les « skylights ». Il faut savoir que parfois,
tous ces endroits sont interdits ; la surveillance se fait à la longue
vue, mais surtout depuis les hélicoptères, véritable plaie dHawaï. Lamende
en cas dinfraction sélèverait à 1 000 $ par personne ! Pour
le PuuOo, seul laccès par Glenwood est par conséquent
possible. Pour les « skylights », laccès se fait à vue à travers
les coulées ; la prudence est recommandée. Pour les coulées en mer, aller
au bout de Chain of Craters Road (plus court et sûr). Sécurité :
Le masque à gaz avec cartouche est indispensable pour le PuuOo ;
la nuit, lorientation peut devenir quasiment impossible quand gaz et brouillard
se mélangent : un retour au sommet est obligatoire avant la nuit si lon
souhaite descendre dans le cratère du volcan. La surcharge des nouveaux matériaux
volcaniques apportés en permanence, combinée à laction très érosive dun
océan soit-disant pacifique, confère à la falaise côtière un équilibre très instable.
Les risques déboulement sont décuplés aux environs immédiats des points
de sortie de la lave : plusieurs accidents très graves ont eu lieu, dont
un mortel. Toute progression à Hawaï seffectue sur des coulées ; le terrain
est très instable et le danger de chute omniprésent, y compris celui de percer
le plafond dun tunnel de lave. Il faut donc prévoir de grosses chaussures,
un pantalon solide et de gros gants en cuir style jardinier.
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| François-Martel-Asselin,
L.A.V.E. La Réunion | |
Observations in situ
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Fin
janvier, nous avons passé quatre jours complets et autant de nuits (avec la lune,
magique
) dans le cratère du Lengaï. A notre arrivée, nous découvrons une
coulée encore brûlante, la végétation finissant de se consumer sur la paroi intérieure
Nord du cratère. Par ailleurs, un débordement avait dû se produire peu de temps
auparavant par le déversoir situé au Nord-Nord-Ouest (coulées encore noires).
Le " lac " de lave (au fond du gros hornito qui présente une
importante ouverture latérale) est très actif par périodes. Il est visible à une
vingtaine de mètres de profondeur à peine (mesuré avec un fil de nylon lesté d'une
pierre !) et encaissé dans un puits qui doit mesurer 6-7 m dans sa plus grande
dimension. Le niveau de ce lac variait, avec des débordements parfois, mais il
se situait le plus souvent à 2 m au moins sous son rebord. Lors des périodes
de plus forte activité la nuit, les lueurs sont bien rougeâtres ou orangées. L'après-midi
de notre arrivée, nous avons compté quatre phases éruptives du hornito le plus
au Nord-Est du cratère, de 15 à 30 minutes, espacées de 45 minutes environ ; la
coulées la plus longue n'a pas dépassé 100 m, en direction du déversoir.
Il n'y a pas eu d'autres phases les trois jours suivants !
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