Bulletin info-LAVE de
L'Association Volcanologique Européenne
Jeudi 2 Décembre 2021


Cumbre Vieja (Espagne / Îles Canaries, La Palma)

        --- 9 heures ---
        Selon Pevolca, l’activité éruptive de la Cumbre Vieja continue de se concentrer principalement sur le flanc nord-est du volcan, où un cône s’est formé avec une activité strombolienne et effusive. Les coulées de lave émises par le nouveau cône se sont pratiquement arrêtées à 800 m de la ville de La Laguna. La nouvelle lave se superpose à l’ancienne sans progresser vers l’aval et donc sans recouvrir de nouvelles terres.
        --- 19 heures ---
        L’activité éruptive strombolienne du volcan continue de se concentrer dans le nouveau cône où l’on observe de petits glissements de terrain. En revanche, l’activité est rare et intermittente dans le cône principal. On observe toujours une importante émission de cendre que les scientifiques de Pevolca ne savent pas interpréter. Les coulées de lave avancent dans le secteur de Frontón. Certaines se déplacent vers le nord et affectent de nouvelles zones ; d’autres se déplacent vers l’ouest. La sismicité à des profondeurs intermédiaires a été très intense au cours des dernières 24 heures ; elle reste localisée dans les mêmes zones. Après avoir baissé pendant quelques heures, elle a de nouveau augmenté. La magnitude maximale a été de M 4,2 lors d’un événement enregistré ce jeudi matin à une profondeur de 13 km.
        Selon les données cadastrales, en date du 2 décembre 2021, 1562 bâtiments ont été détruits, soit 14 de plus que dans le dernier bilan. Parmi ceux-ci, 1250 sont destinés à un usage résidentiel, 173 à l’agriculture, 71 à un usage industriel et le reste à des fins de loisirs, d’accueil, d’usage public et autres. Selon Copernicus, l’éruption a affecté ou détruit jusqu’à présent 2790 bâtiments, ce qui englobe aussi les bâtiments partiellement endommagés. La superficie affectée par l’éruption est toujours estimée à 1136 hectares selon les données Copernicus. La superficie totale des deltas de lave est d’environ 48 hectares.

Source : IGN, Pevolca


Grimsvötn (Islande / Vatnajökull)

        Le 25 novembre 2021, une crue glaciaire - jokulhlaup en islandais - était imminente sur le Grimsvötn, sous le Vatnajökull. La crue a commencé dans la rivière Gígjukvísl qui prend sa source dans le secteur du Grímsvötn, sous la calotte glaciaire. En conséquence, une situation d'alerte a été décidée pour la zone concernée. La conductivité électrique et le débit de la rivière ont augmenté, ce qui laisse supposer que l'eau de fonte en provenance du Grímsvötn a atteint le front du glacier.
        Il est peu probable que les infrastructures locales comme les ponts soient menacées, mais les eaux de crue s'engouffreront en très grande quantité sous le pont qui enjambe la rivière Gígjukvísl sur la Route n°1. Il est demandé aux voyageurs de ne pas s'approcher de la source de l'inondation au bord du glacier en raison d'un risque de pollution par les gaz. La crue devrait atteindre son point culminant le 5 décembre avec un débit maximal de 4000 m3/s. Les scientifiques locaux n'excluent pas une éruption volcanique dans le sillage de la crue glaciaire, en raison de l'énorme baisse de pression au sommet du volcan. Une telle chute de pression a déclenché des éruptions dans le passé ; la plus récente a eu lieu en 2004.

Source : Iceland Monitor


Iliwerung (Indonésie / Petites îles de la Sonde, Île de Lomblen)

        Une éruption sous-marine a débuté sur l'Iliwerung dans la soirée du 28 novembre 2021 et a duré environ une heure. Le niveau d'alerte est passé de 1 à 2. PVMBG indique que "des éruptions et des bulles ont été observées dans les eaux méridionales autour du complexe volcanique d'Iliwerung". Selon les résidents locaux, l'événement a entraîné une élévation du niveau de la mer avec une hauteur de moins de 1 m et une distance d'inondation d'environ 30 m. L'observatoire du volcan Iliwerung a signalé un panache de cendres s'élevant à environ 100 m au-dessus du niveau de la mer aux premières heures du 29 novembre. Cette activité se déroule à environ 1 km au sud du volcan sous-marin Hobal. Il est demandé aux résidents d'éviter toute activité et toute navigation à proximité du site où se déroulent ces manifestations.
Source : The Watchers


Lewotolo (Indonésie / Petites îles de la Sonde, Île de Lomblen)

        L'éruption du Lewotolok (ou Lewotolo) se poursuit avec des panaches de cendres s'élevant jusqu'à 1 km au-dessus du sommet. L'incandescence du cratère est visible chaque jour, avec des séquences éruptives qui s'accompagnent de grondements. Les projections incandescentes atteignent une distance de 300-500 m. Le niveau d'alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 3 km du cratère.
Source : PVMBG


Pinatubo (Philippines / Île de Luzon)

        Une éruption phréatique a eu lieu sans prévenir sur le Pinatubo le 30 novembre 2021. Le VAAC de Tokyo a signalé un panache de cendres s'élevant jusqu'à 13 km au-dessus du niveau de la mer. Il a également été confirmé que l'événement s'était produit peu de temps après des activités d'élimination de munitions sur le flanc nord du Pinatubo, sans aucun rapport avec l'activité volcanique. Il n'est pas fait état de retombées de cendres dans les localités sous le vent. Le PHIVOLCS indique que l'événement a probablement été provoqué par des processus hydrothermaux à faible profondeur sous l'édifice. L'Institut demande au public de ne pas s'aventurer à proximité du Pinatubo. Le Pinatubo est actuellement en niveau d'alerte 0. Il sera maintenu ou modifié en fonction des résultats du traitement des données GPS et InSAR.
Source : PHIVOLCS


Ulawun (Papouasie-Nouvelle-Guinée / Île de Nouvelle-Bretagne)

        Le VAAC de Darwin a fait passer à l'Orange la couleur de l'alerte aérienne de l'Ulawun, le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs, le 30 novembre 2021. En effet, des observateurs locaux ont fait état d'une hausse d'activité avec une augmentation de la sismicité, des émissions de vapeur et une petite éruption de cendres le 29 novembre.
Source : Darwin VAAC


Ebeko (Russie / Îles Kouriles, Île de Paramouchir)

        La couleur de l'alerte aérienne pour l'Ebeko a été abaissée au Jaune. Une anomalie thermique a été détectée pour la dernière fois le 25 octobre 2021 et l'activité éruptive a été observée pour la dernière fois le 9 novembre. Le niveau d'alerte reste inchangé pour les autres volcans du Kamtchatka.
Source : KVERT


Great Sitkin (États-Unis / Alaska, Îles Aléoutiennes)

        La lave continue à s'écouler faiblement sur le Great Sitkin. Elle continue de remplir le cratère sommital et les coulées avancent sur de courtes distances sur les flancs du volcan. La couleur de l'alerte aérienne et le niveau d'alerte volcanique restent respectivement à l'Orange et à Vigilance (Watch).
Source : AVO


Pavlof (États-Unis / Alaska)

        Dans le même temps, l'éruption du Pavlof se poursuit et se limite à une bouche sur le flanc supérieur sud-est. Les fontaines de lave basses continuent d'édifier un cône instable au-dessus de la bouche éruptive. Des températures de surface élevées sont périodiquement détectées dans les données satellitaires. Le niveau d'alerte volcanique reste à Vigilance (Watch) et la couleur de l'alerte aérienne est maintenue à l'Orange.
Source : AVO


Sangay (Équateur / Andes équatoriennes, à l'est des Andes équatoriennes)

        Des panaches de cendres et de gaz sont signalés sur le Sangay par le VAAC de Washington. Les panaches montent de 900 à 2100 m de hauteur. Des anomalies thermiques sont souvent visibles dans les données satellitaires. Une activité strombolienne est également observée au niveau des bouches sommitales, ainsi que des coulées de lave. Deux lahars ont été détectés par le réseau sismique le 25 novembre 2021.
Source : Instituto Geofísico


Soufrière de Saint-Vincent (Saint-Vincent et les Grenadines / Arc volcanique des Petites Antilles, Île de Saint-Vincent)

        Les scientifiques de l’Université des West Indies, ont annoncé officiellement la fin de éruption de la Soufrière Saint Vincent. Le volcan était entré en activité en décembre 2020, après 42 ans de silence.
        À l'avenir, l’activité sera suivie à partir des données envoyées vers Trinidad et Tobago par des instruments installés autour de la montagne.
        Rappelons que plus de 16 000 habitants de la région du nord de Saint-Vincent ont dû être évacués. Ils ont passé plusieurs mois dans des abris d’urgence situés dans les zones de sécurité au sud de l’île. Aucune victime n'est à déplorer. En revanche, 60% du secteur agricole a été détruit.

Source : Martinique la 1ère