Le tour du monde en 80 Volcans
Les fiches volcans : Tongariro
Les fiches volcans : Tongariro

 
Volcan n°  : 0401-08=
Situation   : Île du Nord
Pays             : Nouvelle-Zélande
Altitude      : 1 978 mètres
Type             : Strato-volcan
Latitude     : 39, 13° Sud
Longitude : 175, 642° Est






Géologie et éruptions historiques : 

        Le Tongariro, dont le nom maori signifie « celui qui emporte le vent du Sud » résulte de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Indo-Australienne. Ce complexe volcanique comporte plusieurs centres éruptifs historiques qui s'étirent sur 13 kilomètres de long et 5 kilomètres de large, selon un axe nord-est / sud-ouest. Le massif du Tongariro ainsi que le Ruapehu (2 797 mètres) forment la partie située la plus au sud du volcanisme néo-zélandais. Dans cette région, les premiers signes d'une activité volcanique apparaissent sous la mer, il y a environ 1,7 million d'années. Les plus vieilles coulées de la région sont datées de 275 000 ans. Plusieurs éruptions successives vont ensuite avoir lieu, donnant naissance à au moins six cônes volcaniques, avant que le Tongariro ne soit recouvert par les glaces du Würm, aux alentours de 65 000 ans. Entre 25 000 et 10 000 ans, va progressivement se mettre en place le « Blue Lake Crater ». Aux environs de 14 000 ans un lac de lave va occuper le centre du cratère nord tandis que les premières traces d'activité volcanique des cratères « Te Maari » vont se manifester. Les dernières éruptions volcaniques du Tongariro vont se produire en 1896/1897 (« Te Maari ») et entre 1855 et 1890 (« Red Crater »). Actuellement, seule subsiste une activité fumerollienne à Ketetahi Hot Springs sur le flanc nord du Tongariro.


Tongariro, février 2013 (photographie : Max Klee)

Tongariro, février 2013

Tongariro, février 2013 (photographie : Max Klee)

Tongariro, février 2013

Tongariro, février 2013 (photographie : Max Klee)

Tongariro, février 2013

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Le Ngauruhoe : 

        Le Ngauruhoe (2 291 mètres d'altitude) est un magnifique cône volcanique de 2,2 km³ qui a commencé à s'édifier, il y a près de 2 500 ans. Ce volcan couvre une superficie de 15 km². Il est le dernier-né des différents cônes éruptifs produits par le Tongariro durant le Quaternaire. Doté d'une grande puissance explosive, le Ngauruhoe a alterné au cours de son histoire géologique tous les types éruptifs connus : explosions stromboliennes, vulcaniennes, sub-pliniennes mais aussi coulées pyroclastiques et coulées de lave. On lui connaît plusieurs éruptions historiques majeures (1870, 1949, 1954-1955). Sa dernière éruption remonte aux années 1974-1975.


Ngauruhoe, septembre 2003 (photographie : Joël Boyer)

Ngauruhoe, septembre 2003

Ngauruhoe, septembre 2003 (photographie : Joël Boyer)

Ngauruhoe, septembre 2003

Ngauruhoe, février 2004 (photographie : Alain Catté)

Ngauruhoe, février 2004

Ngauruhoe, février 2004 (photographie : Alain Catté)

Ngauruhoe, février 2004

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Pétrographie : 

        Les volcans du parc du Tongariro reposent sur un socle sédimentaire où prédomine la grauwacke. Les roches sédimentaires se sont déposées progressivement au fond d'une mer qui recouvrait alors la région, il y a environ 150 millions d'années, au cours du Jurassique. Durant l'ère Tertiaire, entre 15 et 5 millions d'années, d'autres roches sédimentaires riches en coquillages fossiles vont cette fois, se déposer dans le contexte d'une mer peu profonde. L'activité volcanique postérieure à ces mers primitives va ensuite permettre la mise en place d'une série pétrographique allant des andésites basaltiques aux andésites. Des dacites sont également présentes au sein de ce complexe volcanique. Ces différentes roches volcaniques présentent une texture porphyrique et une couleur variant du gris au noir. Elles sont composées de nombreux phénocristaux de feldspaths plagioclases (essentiellement de la labradorite) avec une prédominance des orthopyroxènes (l'hypersthène) sur les clinopyroxènes (l'augite). Ces laves renferment également des oxydes de fer et de titane (magnétite et ilménite). Quelques rares cristaux d'olivine peuvent également y être observés. La teneur moyenne en SiO2 de ces roches varie entre 54 et 58% selon les lieux de prélèvements. Dans la région, des rhyolites et des ignimbrites sont également visibles. Ces roches n'appartiennent pourtant pas au volcanisme du Tongariro. Elles sont le résultat des paroxysmes du Taupo, un volcan situé à plus de 60 km au nord du parc.


Ketetahi, septembre 2003 (photographie : Joël Boyer)

Ketetahi, septembre 2003

Tongariro, septembre 2003 (photographie : Joël Boyer)

Tongariro, septembre 2003

Tongariro, septembre 2003 (photographie : Joël Boyer)

Tongariro, septembre 2003

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Le parc national du Tongariro : 

        Le territoire du Tongariro, qui couvrait à l'époque une superficie de 2 640 hectares, fut offert en 1887 à la couronne britannique par le chef maori Te Heuheu Tukino. Aujourd'hui, le parc occupe une superficie de près de 74 000 hectares. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Il comprend le Tongariro au nord et le Ruapehu au sud. C'est également une réserve de faune, au sein de laquelle les néo-zélandais tentent de préserver l'oiseau qui est l'emblème de leur pays : le kiwi.


Tongariro, septembre 2003 (photographie : Joël Boyer)

Tongariro, septembre 2003

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Accès : 

        De la ville de Taupo, il faut emprunter la route n°1 en direction du sud, jusqu'à Turangi. De là, on prendra ensuite la direction de Taurewa et l'on suivra la route 47 puis la 48 en direction de la station de ski de Whakapapa, située sur les pentes du Ruapehu. A Whakapapa Village, démarre le « Tongariro Trail », une randonnée qui fait le tour du Ngauruhoe et qui permet d'observer les lacs Tama. Il est également possible de se rendre aux sources hydrothermales de Ketetahi. Pour cela, de Whakapapa, il faut reprendre en direction du nord-est, la route 47 en direction de Rangipo, puis emprunter une petite route mal indiquée, qui part sur la droite de cet axe principal et qui se termine en cul-de-sac. De là, un sentier serpente à travers une végétation luxuriante en direction des sources de Ketetahi. Cette randonnée rejoint ensuite le « Tongariro Trail » en passant par le « Red Crater ».

Bibliographie : 

- Volcanoes of the South Wind, par Karen Williams
- Growth of a young, frequently active cone : Ngauruhoe volcano, New Zealand (Bulletin of Volcanology, vol. 64 - september 2002) par Barbara J. Hobden, Bruce F. Houghton et Ian A. Nairn


Vue satellite : 

Carte : 

Joël Boyer

  LAVE n° 124 - Janvier 2007