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Les fiches volcans : Timanfaya
Les fiches volcans : Timanfaya

 
Volcan n°  : 1803-06-
Situation   : au large du Sahara Occidental
                         (Maroc)

Pays             : Île de Lanzarote,
                        Îles Canaries,
                         Espagne
Altitude      : 670 mètres
Type             : Volcan fissural
Latitude     : 29, 03° Nord
Longitude : 13, 63° Ouest


Situation : 

        Lanzarote est située à l'extrémité orientale de l'archipel des Canaries, à environ 150 km des côtes africaines. Si l'activité du point chaud affecte principalement les îles occidentales, la longévité du volcanisme de Lanzarote s'expliquerait par la conjonction de facteurs géodynamiques qui restent à préciser : résidus de remontées mantelliques plaquées à la base de la lithosphère, réactivation récurrente de failles à la charnière entre la croûte océanique et la croûte continentale.

Activité historique : 

        L'essentiel des éruptions quaternaires se sont produites au centre de l'île, le long de fissures orientées NE-SO à ENE-OSO. Le volcanisme Pléistocène est essentiellement représenté par quatre édifices en périphérie des massifs volcaniques miocènes : Montaña Roja et Caldera Riscada au Sud. Teguise et Corona au Nord.
        Deux éruptions historiques sont connues (1730-1736 et 1824) mais d'autres éruptions mineures ont pu se produire avant l'arrivée des Espagnols (XIVème siècle). Entre 1730 et 1736, c'est une véritable « marée de lave, de scories et de cendres » jaillissant d'une trentaine de cônes, alignés le long d'une fissure ENE-SSW (Timanfaya), qui « inonde » de 200 km² le centre-ouest de l'île, soit environ le quart de sa superficie totale. Cette éruption par son évolution magmatique (des mélanéphélinites aux tholéïtes à olivine), sa durée (2 056 jours), le volume émis (3-5 km³), tient une place à part dans le volcanisme historique des Canaries. Dans l'histoire des éruptions basaltiques fissurales, seul le Laki (Islande, 1783) devance Timanfaya en termes de volumes émis. Les dégâts matériels ont été importants car la zone touchée était riche en cultures. Plus de 400 fermes ont été détruites, une partie du bétail anéantie, sans pour autant faire de victimes. Une partie de la population sinistrée émigra vers la Grande Canaries.
        Le Curé du village de Yaiza est l'auteur d'une description célèbre dans les annales des grandes éruptions historiques : « La lave s'écoula .sur les villages vers le Nord, d'abord avec autant de rapidité que l'eau, mais bientôt sa vitesse se ralentit et elle ne coula plus que comme le miel. [..] elle coula pendant six jours de suite avec un bruit effroyable et en formant de véritables cataractes. [..] Chaque fois que les hommes croyaient que leur malheur .s'achevait, de nouvelles fissures s'ouvraient, de nouveaux cônes s'érigeaient. Il Y eut même des éruptions sous-marines. »


Références : 

Carracedo J.C., Rodriguez-Badiola E., Soler V., 1992: The 1730-1736 eruption of Lanzarote, Canary Islands : a long, high magnitude basaltic fissure eruption. Journal of Volcanology and Geothermal Research 53 pp. 239-250.

Fuster J.M., 1968c: Geologia y volcanologia de las Islas Canaries. Tome 3 : Lanzarote. lnstituto « Lucas Mallada » Madrid 177 p.

Marinoni L.B., Pasquaré G., 1994, Tectonic evolution of the emergent part of a volcanic ocean island: : Lanzarote, Canary Islands. Tectonophysics 239 pp. 111-135.

Neumann E.R., Wulff P.E., Johnsen K., Andersen T., Krogh E., 1995, Petrogenesis of spinel harzburgite and dunite suite xenoliths from Lanzarote, eastem Canary Islands : implication for the upper mantle. Lithos 35 (1-2) pp. 83-107.

Trouwborst T., 1993, Les iles volcaniques de l'archipel des Canaries, Revue LAVE, pp. 15-20, N°43.


Vue satellite : 


Raphaël Paris

  LAVE n° 91 - Juillet 2001