Le tour du monde en 80 Volcans
Les fiches volcans : Boiling Lake
Les fiches volcans : Boiling Lake

 
Volcan n°  : 1600-10=
Situation   : Morne Trois Pitons
Pays             : Île de la Dominique,
                        Arc volcanique des Petites Antilles,
                         Commonwealth de la Dominique
Altitude      : 1 387 mètres
Type             : Complexe volcanique
Latitude     : 15, 33° Nord
Longitude : 61, 33° Ouest



Géologie : 

        Surgissant de l'océan entre Martinique et Guadeloupe, la Dominique est l'île la plus montagneuse des Antilles. Surnommée « l'île sauvage et rebelle », son relief tourmenté et sa forêt difficilement pénétrable en firent pour les Caraïbes un refuge où cette civilisation vécut en sursis jusqu'au début du 19ème siècle.
        La Dominique fait partie de l'arc insulaire des Petites Antilles, région de subduction où la plaque atlantique Nord s'enfonce sous la plaque Caraïbe donnant naissance à une fusion partielle du manteau sus-jacent vers 100 à 160 km de profondeur (cf. article de Philippe Bouysse : L'arc insulaire des Petites Antilles, LAVE n°96). Ce chapelet d'îles masque un arc double. Le plus externe correspond à un volcanisme ancien et non actif où s'égrènent Marie-Galante, la Désirade (150 millions d'années), Antigua, la Barbade, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Anguilla actuellement recouverts de calcaire. À l'Ouest du précédent, un arc interne correspond à la partie vivante et active de l'arc insulaire, où les mécanismes éruptifs sont typiquement explosifs : Montagne Pelée de la Martinique, Soufrières de Saint-Vincent, de Guadeloupe et de Montserrat. La Dominique est située sur cette partie active de l'arc. Longue de 46 km et large de 20, cette île est constituée de trois massifs volcaniques « en dormance ».
        Du Nord au Sud, sont alignés le Morne au Diable, le Morne Diablotin (sommet de l'île culminant à 1 447 m) et le Morne Trois Pitons. Celui-ci présente une intense activité fumerollienne et hydrothermale dans la Valley of Desolation et possède un lac de cratère bouillonnant, Boiling Lake, dont il n'existe qu'un seul autre exemple au monde, en Nouvelle-Zélande, le lac chaudron de Waimangu.
        Cette belle randonnée hors des sentiers battus nécessite environ sept heures de marche aller et retour et se déroule, sur un tiers du parcours, dans un environnement de vapeurs et de fumerolles soufrées.



Boiling lake, août 1998 (photographie : Vincent Carrias)

Boiling lake, août 1998

Boiling lake, janvier 2011 (photographie : Daniel & Sylvie Chéreau)

Boiling lake, janvier 2011

Boiling lake, janvier 2011 (photographie : Daniel & Sylvie Chéreau)

Boiling lake, janvier 2011

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Dernière éruption : 

        1880 (éruption phréatique).

Accès : 

        Pour rejoindre le village le plus proche du départ de la randonnée, Laudat, à 9 km environ de Roseau :
        - taxi Roseau/Laudat : 60 EC$. Il est prudent de se méfier de certains chauffeurs qui connaissent et proposent un guide local (très cher) et se partagent les royalties du touriste pressé et non averti...
        - bus : 3 EC$
        - location de voiture : autour de 50 $ la journée pour un 4x4 de petite taille, auxquels il faut ajouter un permis local obligatoire d'environ 30 EC$.

        Il est possible de loger chez l'habitant à Laudat, mais dans des conditions très spartiates, Absence de tous commerces et banques, seules subsistent deux petites épiceries-bars et une cabine téléphonique. De ce fait, il vaut mieux préférer un lieu de résidence à Roseau plutôt qu'à Laudat, éloigné de tout.
        Il faut prévoir le paiement d'une taxe au National Park pour chaque site visité. La taxe d'accès à ces sites (au nombre de six), est de 20 $. La piste, accidentée et difficile, est réservée aux amateurs avertis. Le recours à un guide local est inutile car le sentier est remarquablement balisé pour se rendre à Boiling Lake. Il faut traverser la forêt tropicale, franchir de petits torrents, escalader des Mornes, avant de pénétrer dans l'« inquiétante » vallée de la Désolation, dont les émanations de soufre ont brûlé la végétation et limité la savane d'altitude à des lichens. Un ruisseau sillonne cette vallée sur sa longueur et bouillonne sous forme de petits geysers.
        Enfin, après quelques heures d'approche pittoresque, Boiling Lake (100 x 60 m environ) apparaît à flanc de montagne, sous un nuage de vapeurs chaudes et soufrées. La chaleur cotonneuse, l'opacité du site, l'atmosphère très étrange qui l'envahit, transportent le visiteur dans un autre monde et le récompensent de ses efforts. Au centre de cette immense « marmite d'eau laiteuse », très opaque, et lorsque les alizés balaient un instant la vapeur tenace, on peut voir de grosses bulles d'eau de plusieurs mètres de diamètre éclater en permanence. Sur les bords de cette chaudière fumante, dont quelques mètres seulement sont accessibles, la température de l'eau avoisine 100 °C.



Informations pratiques : 

- Avion : Paris/Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) puis bateau : Pointe-à-Pitre/Roseau, capitale de la Dominique, île anglophone.
- Pièce d'identité : passeport en cours de validité.
· Monnaies : Dollar Est Caraïbe (EC$) et Dollar américain.
· Taxes à payer pour le retour, à la douane (environnement et gouvernementale) : 30 $ par personne en mars 2010.
- Hébergement à Roseau : St James Guesthouse, Federation Drive, Tel 448-7170-265-1151, mel :  stjamesguesthouse@hotmail.com


Référence : 

        Le volcanisme en Guadeloupe - La Soufrière par Jean-Jacques Jérémie et Hélène Pascaline, chercheurs à l'université des Antilles et de la Guyane.

Vue satellite : 


Denis Lignier

  LAVE n° 98 - Septembre 2002

Réactualisation mars 2010