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Introduction
La
présence des coccinelles sur l’Etna, à une altitude comprise
entre 1 800 et 2 800 mètres, est un phénomène que les randonneurs
ont certainement déjà eu l’occasion d’observer. De fait, avec
une population qui atteint son maximum du mois de juin au mois
de février de l’année suivante, des dizaines d’individus qui
appartiennent aux espèces « Cocinella septempunctata » et «
Adalia bipunctata » se concentrent sous les pierres et dans
les fissures de la lave. Les deux espèces, comme leurs noms
l’indiquent, se distinguent respectivement par la présence de
sept ou deux points noirs sur les élytres d’une belle couleur
rouge.

Coccinelles sur l'Etna
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À propos des coccinelles
de l'Etna
Les coccinelles
sont des insectes qui appartiennent à l’ordre des coléoptères
(famille des Coccinellidae), bien connus de tous, il n’est donc
pas nécessaire de s’arrêter sur leur description morphologique.
Elles jouent un rôle important dans la lutte biologique contre
la propagation des aphidiens nuisibles des plantes (pucerons),
et la sympathie qu’elles inspirent aux zoologues et aux simples
paysans se retrouve dans les petits noms qu’on leur attribue
(en France les « bêtes à bon dieu » ou « bêtes de la Vierge
»). Sous un aspect innocent, tant de fois raconté dans les fables,
se cachent de formidables prédateurs insatiables, parfois même
véritablement cannibales envers leur propre progéniture.
La présence
des coccinelles à haute altitude n’est pas exclusive de l’Etna.
On les retrouve aussi sur de nombreuses montagnes des zones
tempérées, et leur nombre est parfois si élevé qu’on peut les
récolter pour les utiliser dans le cadre d’un plan de protection
des arbres fruitiers.
Celui qui observe
les coccinelles cachées sous les pierres, apparemment transies
de froid, est porté à croire que les pauvres bêtes, transportées
par des vents violents, sont arrivées par hasard dans un lieu
désert et inhospitalier où, par manque de nourriture, les attend
une mort certaine. En réalité, il en est tout autrement.
Les coccinelles,
obéissant à un instinct encore mal défini, effectuent volontairement
un vol migratoire en direction des points les plus hauts de
leur habitat (hypsotaxis) ; ce qui arrive toujours au moment
où, dans les plaines à l’atmosphère tiède, la population des
pucerons, qui représente leur nourriture, se raréfie de façon
drastique. Les coccinelles, après avoir déposé les oeufs sur
les plantes agrumes, bien nourries et repues, migrent vers les
hauteurs de l’Etna et passent là de longs mois dans un état
de diapause, à l’abri de leurs prédateurs (araignées, oiseaux
et rongeurs). Au début du printemps suivant, lorsque la population
de pucerons se reconstitue, les coccinelles sortent peu à peu
de leurs cachettes et, migrant dans le sens inverse, envahissent
les lieux où la nourriture est abondante pour quelque temps.
Il faut cependant
ajouter une explication à la concentration de ces myriades de
coccinelles. En d’autres termes, si elles migrent individuellement
vers les hautes pentes de l’Etna, qu’est-ce qui les pousse à
se retrouver si nombreuses sous la même pierre, renonçant ainsi
à leur intimité (... si je puis me permettre d’utiliser un terme
qui se réfère à l’espèce humaine) ? Il est probable qu’une fois
le lieu choisi où s’effectue la phase biologique de diapause,
les coccinelles se rassemblent car elles réagissent de manière
identique à des facteurs microclimatiques (humidité, chaleur,
lumière), ou bien parce qu’elles sont attirées par des stimuli
odoriférants spécifiques (phéromones de trace) émis par la première
arrivée.
Schéma migratoire
des coccinelles sur l'Etna

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